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Une trêve sociale ne se négocie pas, elle se mérite

07/06/2019
00:00

Le 3 juin dernier, à la faveur de la clôture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, le chef du Parlement burkinabè, Alassane Bala Sakandé après avoir dit ses vérités au gouvernement, a demandé aux partenaires sociaux d’observer une trêve sociale afin de permettre à celui de répondre dans la sérénité aux préoccupations des Burkinabè qui fusent de partout. Un discours bien applaudi et apprécié par son camp politique, mais également par l’opposition et les Burkinabè dans leur majorité. Car ici, Bala Sakandé était bien dans son rôle comme on dit. L’Assemblée nationale doit interpeller le gouvernement sur ses responsabilités. Puisque, le Premier ministre est responsable devant l’Assemblée nationale. Là où Bala a débordé, c’est qu’il ne lui revient pas de demander aux partenaires sociaux d’observer une trêve. En interpellant le gouvernement sur ses responsabilités à répondre aux aspirations des Burkinabè, il est convaincu que celui-ci ne fait pas assez ou pas du tout dans ce sens. Pourquoi donc demander aux partenaires sociaux de marquer une trêve, surtout à quelques mois de la fin du mandat d’un président élu depuis novembre 2015?

A dire vrai, le président du Bala Sakandé n’aurait pas eu besoin de demander une trêve si le gouvernement n’avait pas, entre temps, ouvert la brèche. A tous les Premiers ministres (Paul Kaba Thiéba et Christophe Dabiré, y compris le président Roch), les Burkinabè ont accordé une période de grâce. Il a fallu que le gouvernement, dans la gestion de certaines crises, s’entremêle les lacets pour que les Burkinabè ne se sentent plus concernés par une quelconque trêve sociale. Du reste, dans la quasi-totalité des crises, grèves ou manifestations auxquelles le gouvernement a trouvé des solutions, ça a été sous la pression. Les exemples sont légion. Pourquoi donc demander une trêve sociale après avoir habitué les partenaires sociaux à une forme de revendications? Dès l’arrivée de Roch au pouvoir, l’une de ses premières mesures phares et importantes a été la signature du statut des magistrats. Ce fut le tollé général. Du coup, les Burkinabè se sont dit: «s’il y en a pour les autres, c’est qu’il y en a pour tout le monde». Ainsi ont débuté les mouvements sociaux. Est-ce de la faute des partenaires sociaux ?

Les Burkinabè sont bien conscients de la situation de leur pays. Ils savent que ses ressources ne sont pas extensives à l’infini. Ils savent pertinemment que le gouvernement ne peut donner des réponses à toutes leurs préoccupations. Encore faut-il que celui-ci dans sa manière de gouverner en montre les preuves! Du reste, en se joignant au Premier ministre pour demander une trêve sociale, le président du Parlement vient nous rappeler à tous, que la situation économique et sociale du pays est bien difficile. Et ne saurait trouver de solutions que si chacun y mette du sien. Autrement dit, nous devons tous accepter de consentir ce sacrifice (ne serait-ce que pour un bout de temps) afin de permettre à notre pays de retrouver ses marques. Sur tous les plans.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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