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Conseil municipal de Bobo : Quand on est conseiller, on prend toutes ses responsabilités

12/06/2019
00:00

La 2ème session ordinaire du conseil municipal de la commune de Bobo-Dioulasso a eu lieu les 10 et 11 juin 2019 au Centre Muraz. Ce qui est tout à fait normal, puisque l’organe délibérant de la commune obéit ainsi aux dispositions du code général des collectivités territoriales. Si le point principal de cette session est l’adoption du budget supplémentaire gestion 2019 de la commune, d’autres faits ont retenu notre attention.

 

Il s’agit de l’audition de Martin Coulibaly, 1er adjoint au maire de la commune (à hui-clos) et d’Ibraïma Traoré, président du Comité de gestion du marché. Il leur est reproché de ne pas être en phase avec des délibérations prises par le conseil en sa première session extraordinaire 2019 tenue le 19 avril de l’année en cours.

S’agissant du premier cité, Ibraïma Traoré, le conseil avait adopté une résolution l’enjoignant de rétablir Amadou Barry dans ses fonctions de directeur de la Structure de gestion du marché (SGM). Il faut rappeler brièvement qu’à son arrivée à la tête du comité de gestion du marché – une sorte de conseil d’administration de la SGM – une mésentente s’est installée entre lui et le directeur de la SGM. Le président du comité de gestion, par une modification des textes, s’est attribué l’essentielles de prérogatives du directeur. Ce que ce dernier a toujours contesté. Du coup, il a été limogé par Ibraïma Traoré, le président du comité de gestion. Ce qui n’a pas été du goût du conseil municipal qui estime qu’il a violé les textes Aussi, lui a-t-il intimé l’ordre de rétablir Amadou Barry dans ses fonctions de directeur. Ce à quoi Ibraïma Traoré n’a pas obtempéré. Alors qu’il est lui-même président du comité de gestion en tant que président de la commission finances du même conseil. Donc son représentant. C’est pourquoi il a été sommé de s’expliquer.

Quant à Martin Coulibaly, 1er adjoint au maire de la commune, il a été invité à s’expliquer par rapport à sa publication sur les réseaux sociaux relativement à ce qu’il convient d’appeler dossier forêt classée de Kua. Au cours de la même session extraordinaire du 19 avril, le conseil municipal a adopté une délibération portant avis favorable pour le déclassement de 16 ha de la forêt classée de Kua, aux fins de construire un CHU. Le jour de la délibération, le 1er adjoint aurait été l’un des farouches défenseurs du «OUI» au déclassement partiel de la forêt de Kua. Ils sont donc nombreux, les conseillers municipaux à ne pas comprendre que quelques semaines après, le même adjoint au maire fasse des publications pour dire son opposition au déclassement de cette partie de la forêt. Prenant à contre-pied la délibération prise par le conseil municipal dont il est l’un des premiers responsables. Pour cela, lui aussi a été invité à s’expliquer devant ses pairs.

Ces faits pourraient prêter à sourire. Pourtant, il ne faut pas en rire. Car, ils sont suffisamment illustratifs de la manière dont fonctionnent l’organe délibérant (sorte d’Assemblée nationale au niveau local). Comment comprendre que des conseillers du parti majoritaire au conseil, puissent fouler au pied les décisions de cette même instance? Est-ce à dire qu’il n’y a vraiment pas démocratie au sein du conseil? Et que les décisions se prennent en réalité dans des officines obscures? Nos conseillers municipaux devraient faire preuve de courage en votant pour ou contre tout projet de délibération ou on s’abstient. En toute responsabilité!

Aly KONATE

alykonat@yahoo.fr



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