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Simon, ne les appelez pas quand vous n’allez pas vous entendre

12/06/2019
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L’opposition politique demande que le dialogue initié par le président du Faso prenne en compte les questions sociales, économiques et sécuritaires au menu des discussions. Elle est même allée plus loin en ajoutant qu’une feuille de route soit établie et qu’un comité de suivi soit créé à l’issue pour s’assurer de la mise en œuvre effective des conclusions qui en sortiront. Au cas contraire, l’opposition ne viendra pas pour faire ce qu’elle a qualifié de «marketing politique ».

Au cours d’un petit déjeuner de presse organisé le lundi 10 juin, Simon Compaoré, le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a indiqué que ce dialogue, initié effectivement par le président du Faso, doit être exclusivement axé sur les questions politiques parce que c’est un dialogue politique et de ce fait ne s’intéressera qu’aux questions politiques. Simon Compaoré est allé plus loin en insistant pour dire que le temps des conférences nationales est dépassé. Autrement dit, pour lui, c’est Roch qui a eu l’initiative du dialogue, c’est lui qui définit le contenu. Celui qui veut, qu’il vienne. Celui qui ne veut pas, qu’il reste là où il est. Autrement dit, les questions sociales y compris ceux qui les porteront ne sont pas la bienvenue à ce dialogue.

À l’analyse, et au regard des positions des deux camps et surtout après cette sortie du parti au pouvoir, il faut certainement faire le deuil de ce dialogue. En tout cas si les positions doivent en rester là. Par contre, s’il doit avoir lieu, il faudrait certainement un médiateur pour rapprocher les deux protagonistes. Et cet intermédiaire n’est autre que les personnes morales, de la société civile, leaders d’opinion. Alors que ce sont les questions liées ou qui intéressent ces personnes qu’on ne veut pas inscrire à l’ordre du jour. L’histoire retient que tous les dialogues, politiques ou non, qui ont été initiés sans l’implication des forces sociales et leaders d’opinion ont toujours échoué. Et quand ça échoue, c’est à ces mêmes personnes qu’on fait recours pour relier les fils, à défaut apaiser les positions.

Du reste, il faut que désormais les hommes politiques, de la majorité tout comme de l’opposition, comprennent que ce qui intéresse les Burkinabè, ce ne sont pas les délices du pouvoir après lesquels eux, hommes politiques, courent. Mais ce qui les préoccupe, c’est leur bien-être, le progrès. Les Burkinabè ont soif de sécurité. S’ils vont en grève, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas travailler, mais c’est parce qu’ils manquent de meilleures conditions de vie et de travail auxquelles ils n’ont pas accès. Le gouvernement a indiqué que plus de 3,7 millions de Burkinabè sont dans des difficultés alimentaires parce que la production agricole ne suffit pas pour nourrir tout le monde. Si toutes ces questions ne doivent pas être débattues parce que les hommes politiques veulent qu’il en soit ainsi, il y a quelque chose qui ne va pas. Comment peut-on alors leur trouver des solutions si on ne doit pas en parler, surtout dans le cadre d’un dialogue ouvert ? À moins que nos problèmes ne soient plus les préoccupations des hommes politiques. Auquel cas, on nous invite à prendre nos responsabilités pour trouver des réponses à nos problèmes. Ainsi, le pays s’en portera certainement mieux!

Dabaoué Audrianne KANI

 



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