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CDP, ils vendent la peau de l’ours avant de l’avoir tué

13/06/2019
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Décidément, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) n’échappe pas à ce syndrome de division et de mort programmée des partis politiques qui quittent le pouvoir. Quelle que soit la manière. C’est exactement ce qu’on est en train de vivre depuis que le parti est en train de reprendre ses forces. Tout est parti, en grande partie de la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo à la présidentielle de 2020. Comme s’ils étaient convaincus qu’ils remporteraient l’élection présidentielle de 2020, les deux camps qui s’opposent au congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) donnent l’impression d’être vraiment déterminés. En oubliant que c’est dans cette opposition fratricide qui n’a aucun sens que les deux camps pourraient sortir perdants de la présidentielle, mais également de toutes les autres consultations qui vont suivre (législatives et municipales).

D’un côté, voici des gens qui dénonçaient la non-conformité des textes avec la réalité sur le terrain. On décide de les corriger, ce sont les mêmes qui crient à l’irrégularité du congrès convoqué à cet effet. Comment peut-on, dans un parti sérieux toiletter des textes sans faire recours à un congrès qui est l’organe compétent à cet effet. Kadré Désiré Ouédraogo dit qu’il n’est pas candidat à la présidentielle pour le compte du CDP. Le débat est donc clos pour ceux qui pensaient qu’il pouvait leur faire ombrage et ceux qui le soutiennent. Les partis politiques, dont le CDP, ont l’habitude de désigner leurs candidats au cours de congrès extraordinaire. Ce qui n’est pas encore le cas. Où se trouve donc le problème à piailler partout et aller saisir le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, tutelle des partis politiques?

Il est évident que lorsqu’on adhère à un parti politique, on respecte ses textes. Lorsqu’il y a un problème au sein du parti, on se bat pour lui trouver une solution à l’interne. Quand on n’y arrive pas, il y a deux choix. Ou bien on saisit les instances de régulation des partis politiques, ou bien on rend purement et simplement sa démission. La liberté d’adhésion et de démission d’un parti politique est bien garantie.

Même si ce qui se passe au sein du CDP n’est pas propre à ce parti, il est à déplorer que des militants et non des moindres qui ont longtemps milité au sein d’un parti politique soient ceux-là aujourd’hui dont les comportements pourraient nuire à leur propre parti. N’est-ce pas pour cela que les jeunes ont du mal à s’orientersur le plan politique, mais également sur d’autres plans, notamment en ce qui concerne leur rôle et leur place dans la vie et la construction de la nation? En tout cas si le CDP veut continuer à jouer un rôle important dans la vie de la nation, maintenant et/ou après, que ces militants qui se disent de la première heure se ressaisissent pendant qu’il est temps. On ne peut pas continuer à embarquer des jeunes dans un navire qui ne sait vraiment pas où il va.

Dénis Dafranius SANOU



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