Blaise Compaoré s’approche du Burkina, François s’en éloigne

13/06/2019
00:00

De plus en plus, le président Blaise Compaoré multiplie les vœux de regagner le Burkina Faso. Sa terre natale où il a été président pendant 27 ans. Ce n’est pas rien. Si sachant qu’il peut être poursuivi devant la justice de son pays, Blaise Compaoré s’obstine à revenir, c’est qu’il veut rendre compte de ce qu’il sait, mais surtout apporter sa contribution à la situation pénible que vit ses compatriotes et finir sa vie avec eux. Ce qui doit être perçu comme une hauteur d’esprit. Autrement dit, Blaise Compaoré, au moment où il quittait le pouvoir dans la douleur, disait qu’il n’est ni un ange ni un démon. Il ajoutait que s’il devait être l’agneau du sacrifice pour la réconciliation des filles et fils et la paix dans son pays, il l’acceptait. Faut-il alors inscrire son ardent désir de retrouver son pays dans cette dynamique? Certainement. Il l’a d’ailleurs déjà exprimé plus d’une fois, lorsqu’il en a eu l’occasion. En témoigne sa toute dernière lettre adressée à Roch Marc Christian Kaboré, son successeur, à qui il disait qu’il réitérait sa disponibilité à accompagner le pays dans les moments difficiles qu’il traverse. Dans la même lettre, Blaise Compaoré exprimait une fois de plus sa volonté de regagner le pays.Si toutefois les conditions étaient réunies. Blaise est-il donc prêt à affronter son destin?

C’est là que pourrait se poser le problème et qui peut aussi justifier le temps que prend Roch pour répondre à Blaise. Le pouvoir de Ouagadougou peut-il garantir toutes les conditions de sécurité qu’il faut pour un retour de Blaise Compaoré? Quel pourrait être l’impact de la présence de Blaise Compaoré sur le climat politique et social déjà suffisamment en ébullition? Surtout en cette période de pré-campagne électorale pour la présidentielle et ensuite les législatives et les municipales en 2021? Roch n’a-t-il pas raison de prendre son temps ou d’hésiter? Même s’il ne le voulait pas, son parti et ses alliés de la mouvance présidentielle le lui conseilleraient. Car, qu’on le veuille ou pas, le retour de Blaise Compaoré et sa présence effective (en détention ou dans n’importe quelle situation) pendant les élections peut bien changer le cours des choses. Même s’il ne dit rien et ne bat campagne pour ses sympathisants. Si on doit s’inscrire dans une telle logique, il est à parier que Blaise Compaoré ne rentrera pas au pays avant les prochaines consultations. En tout cas, ce n’est pas Roch et son pouvoir qui lui donneront cette autorisation. Plaise à lui de prendre ses responsabilités de rentrer et de les assumer.

Pendant que Blaise Compaoré cherche à rentrer au pays, son frère François cherche à s’éloigner davantage du même Burkina. En multipliant les recours contre sa procédure d’extradition pour donner sa version des faits dans l’affaire Norbert Zongo devant la justice burkinabè. C’est à ne rien comprendre. Là où Blaise Compaoré veut assumer ses responsabilités, François refuse de le faire. Comme s’il n’en avait jamais eues dans l’histoire de son pays. A moins que ce soit une stratégie de frères!

Dabaoué Audrianne KANI



139
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Crise foncière, comme s’ils n’en ont plus peur

Tout le monde est unanime, la prochaine crise qui va secouer sérieusement et durablement le Burkina Faso, c'est bien la crise foncière. Malgré la sensi...

05/06/2020

Présidentielle et législatives, l’opposition coince le pouvoir

La présidentielle et les législatives se tiendront à bonne date. Avait déclaré Simon Compaoré, le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP...

04/06/2020

S’ils ont pleuré, c’est parce qu’ils n’en peuvent plus

A Pama, les populations, majoritairement des femmes, ont marché et pleuré lundi 1erjuin 2020 pour demander le départ des Forces de défense et de sécurit...

03/06/2020

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





09:14:59