Des Burkinabè réfugiés chez eux, au Burkina Faso

14/06/2019
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Il y a quelques années en arrière, personne n’aurait cru qu’un jour des Burkinabè pouvaient se retrouver refugiés chez eux au Burkina. Et pourtant, c’est ce à quoi on assiste depuis que les terroristes en ont décidé ainsi. L’heure est grave; la situation actuelle de nos compatriotes qui fuient le Sahel et le Nord pour se réfugier à Ouagadougou et dans d’autres localités à la recherche de la sécurité n’est pas moins grave que celle à laquelle nous avons assisté au moment des affrontements en Côte d’Ivoire. Elle n’est pas moins grave que celles auxquelles on assiste dans certains pays. Il s’agit d’une situation humanitaire sans précédent à laquelle il faut faire face tout de suite. En apportant tous les remèdes possibles afin de permettre à ces Burkinabè de rester en paix, chez eux.

En effet, tant que ce sont les agents de l’Administration publique qui quittent les zones d’insécurité, on peut croire que le mal est moindre. Mais quand des populations qui vivent dans des villages depuis la nuit des temps décident de quitter pour aller se «chercher ailleurs», c’est que l’heure est suffisamment grave. Du coup, les terroristes ont réussi leur pari puisque l’un de leurs objectifs est de faire en sorte que les populations autochtones abandonnent le terrain à leur profit. Et, c’est ce qui est en train de se faire. Faut-il alors comprendre que le Burkina Faso est effectivement en train de perdre une partie de son territoire? Incroyable! Doit-on s’exclamer?

La situation du terrorisme avec son principal corollaire qu’est l’insécurité doit mobiliser davantage les Burkinabè. Bien au-delà de ce qu’il a été donné de constater jusqu’à présent. Les Burkinabè qui quittent leurs zones auront besoin de scolariser leurs enfants; ils auront besoin de se soigner, d’avoir accès à d’autres services sociaux de base; ils auront besoin de terres pour produire et nourrir leurs familles. Les superficies n’étant pas extensibles à l’infini, il va de soit que très prochainement se posera l’importante et inévitable question de l’occupation des terres. Une question qui est d’ailleurs déjà d’actualité. Et qui, elle aussi, fait des affrontements entre éleveurs et agriculteurs d’une part, et entre migrants et populations autochtones d’autre part.

A voir de près, on peut dire au risque de se tromper que les terroristes sont en train de réunir tous les éléments du puzzle pour que le vivre ensemble et la paix soient mis à rude épreuve au Burkina. D’une manière ou d’une autre, c’est ce travail qu’ils sont en train de réussir. Malheureusement, de façon inconsciente ou non, des Burkinabè ne le comprennent pas et jouent au jeu des terroristes. C’est pourquoi, l’Etat qui est le garant de l’unité, de la sécurité et de la paix ne doit pas avoir pitié, spécifiquement sur ces questions-là. Peut-on dire que le Burkina est en démocratie pendant qu’une partie du pays est sous Etat d’urgence, sous couvre-feu parce qu’occupée par des terroristes ?

Dabaoué Audrianne KANI



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