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Christophe Sanou, SG du CDP/Houet : «Je demande pardon aux frondeurs, qu’ils acceptent qu’on parlent le même langage »

11/07/2019
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Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), traverse une crise pour la désignation d’un candidat consensuel pour la présidentielle de 2020. Le dimanche 30 juin 2019, la section CDP du Houet, sous la direction du Secrétaire général (SG), Christophe Sanou, a tenu une assemblée générale (AG). A l’ordre du jour, la gestion de cette crise. Christophe Sanou nous a accordé une interview, pour parler de ce qui est ressorti à l’AG du 30 juin 2019.

Le dimanche 30 juin 2019, votre parti le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a organisé une assemblée générale (AG) à son siège provincial dans le Houet. De quoi avez-vous parlez?

Le Secrétariat général du CDP a invité les différentes structures, les militants et sympathisants du parti le 30 juin 2019, pour leur donner une information capitale. Comme vous le savez, notre parti traverse en ce moment une situation de crise en son sein. Beaucoup de rumeurs circulent par rapport à cette crise. Chacun essaie de dire ce qu’il pense. C’est pourquoi nous avons convoqué une AG, afin de donner la juste information à nos militants.

 

En quoi consiste cette information capitale?

L’information que nous avons communiquée aux structures et l’ensemble des militants, est le fait que des gens cherchent à nuire au parti. En mars 2019, ceux qui veulent nuire au parti, ont rencontré le fondateur du parti, le camarade Blaise Compaoré. Ils ont souhaité que le père fondateur du parti s’implique dans la résolution de cette crise. Le camarade Blaise Compaoré a joint au téléphone le président du parti à propos de cette démarche. Il a donc demandé de patienter, en lui donnant un temps de réfléchir sur la question. C’est après réflexion que le fondateur a envoyé une lettre où il a fait des propositions. Nous avons unanimement applaudi cette proposition. Le fondateur a ensuite envoyé une seconde lettre au président, pour qui devrait être lue en présence de tous les membres du Bureau politique national (BPN). Malheureusement, après lecture de cette lettre, il n’a pas été du goût de certaines personnes qui sont allées avant la fin de la rencontre ce jour. Pire, ces personnes ont déposé une plainte contre le parti en justice.

 

Que disait la lettre envoyée au BPN par Blaise Compaoré ?

Le camarade Blaise Compaoré a bien précisé que tous les militants cadres du parti peuvent être candidats. Cette information n’a pas été du goût de ceux qui ont déposé la plainte contre le parti. Leur souhait était que le fondateur donne un nom, pour dire que ce dernier est le candidat du parti. Le fondateur qui est une personne avertie, ne peut pas donner un nom! Il a laissé la porte ouverte, pour qu’au sein du parti, nous trouvons un candidat qui peut nous assurer la victoire. Cette personne doit être retenue sur la base de critères qui sont entre autres, le respect des textes du parti, une personne active sur le terrain, et doit aussi être un rassembleur…Ces critères écartent certaines personnes.

 

Qui sont ces personnes?

Il s’agit du camarade Kadré Désiré Ouédraogo et tous ses compagnons. Comme vous le savez, le camarade Kadré a déjà proclamé haut et fort sa candidature. Il a précisé même «que cette candidature est au-dessus d’un parti politique». Autrement dit, qu’il n’est pas candidat du CDP. Aujourd’hui, ils savent qu’ils sont en minorité. C’est pourquoi ils veulent tout faire pour créer du désordre au sein du parti. En d’autres termes, ils veulent manigancer de sorte que Kadré soit le candidat du CDP. Nous ne sommes pas sûrs que le parti puisse l’accepter.

 

Vous avez tenté de résoudre cette question à l’interne? Ou bien le divorce entre le camp dit de Kadré et le vôtre est consommé?

Le fondateur du parti a été clair et son souhait est que le candidat du CDP soit choisi parmi les cadres du parti. Les instances du parti vont bientôt lancer l’inscription à la candidature pour la présidentielle de 2020. Tous les cadres du parti qui remplissent les critères proposés par le camarade Blaise Compaoré, par ailleurs fondateur du parti, pourraient s’inscrire en ce moment. Si au sein du parti il y a un consensus autour d’une candidature, ce dernier pourra aller aux élections au nom du CDP. Autrement dit, nous procéderons aux votes afin de retenir un candidat. Bien avant, nous allons demander à tous, qu’ils acceptent leur résultat, et de soutenir le vainqueur. Nous voulons éviter de tomber dans des erreurs antérieures. Retenez que, ceux qui ont perdu lors des votes pour désigner le président du parti, ce sont les mêmes, notamment les Badini qui ont créé la «G33». C’est aussi eux qui soutiennent Kadré aujourd’hui. Donc si vote il y en aura au sein du parti, tous les candidats vont s’engager auparavant par écrit, pour accepter leur résultat.

 

Cette situation ne fragilise-t-elle pas le CDP?

Bien sûr! Vous savez, lorsque vous partez en campagne, vous avez besoin de tout le monde! C’est pour vous dire que, perdre un ou deux militants, c’est moins bon pour le parti. Nous ne voulons pas perdre des militants. Cependant, s’il y a des personnes qui veulent nuire au parti, nous préférons aller sans eux!

 

Vous avez un appel de paix à l’endroit de vos camarades qui ont déjà choisi Kadré comme candidat?

C’est ce message que j’ai véhiculé le 30 juin 2019. A tous les militants et militantes présents ce jour, je leur ai dits d’être des missionnaires pour le parti. J’ai demandé de dire aux frondeurs que le SG provincial que je suis, leur demande pardon. Qu’ils reviennent en famille, pour qu’on soit une force unique. Nous devons parler le même langage, pour que le CDP parte plus fort à cette présidentielle en 2020. Si nous partons en rang dispersé, cela nous fragilise.

Interview réalisée

Par Souro DAO



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