Les politiciens du pouvoir doivent accepter la réalité du terrain

11/07/2019
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Dans une interview reprise par des médias, Maître Prosper Farama, connu pour n’avoir pas sa langue dans la poche a fait remarquer: «moi ce que je constate malheureusement, c’est que le Burkina est en train de cumuler des records de médiocrité». Puis il poursuit: «il y a quelques années de cela, on disait que nous avons fait le coup d’Etat le plus idiot du monde. Mais là, je pense que nous sommes en train d’expérimenter l’un des gouvernements le plus médiocre de l’histoire du Burkina. Moi, je n’ai jamais vu un gouvernement aussi incapable». Maître Prosper Farama qui n’est pas un homme politique est rejoint dans ses propos par l’Unité d’action syndicale qui crie au bafouement des libertés syndicales, aux difficiles conditions de vie et des travail des Burkinabé, à l’insécurité permanente due aux attaques terroristes, aux conditions difficiles des déplacés internes du fait de la même insécurité. De même, les organisations de lutte contre la corruption dénoncent régulièrement des faits de corruption et de détournements de deniers publics qui ne sont pas sanctionnés.

De leur côté (on pourrait trouver que cela est normal), les gens du pouvoir estiment que les réalisations qui ont été faites le temps qu’ils sont au pouvoir n’ont jamais été faites au Burkina. Autrement, ils sont satisfaits de leur bilan. En attendant 2020, les prochaines élections. Si l’on peut être d’accord avec eux parce que nous sommes dans le domaine politicien, il faut tout de même admettre que tout ne peut être inscrit dans ce registre. Ce serait d’ailleurs une grosse erreur politique de croire et de soutenir le contraire. Les Burkinabé ne sont plus dupes. Ils savent ce qui se passe dans leur pays. Ils savent faire des comparaisons et tirer des conclusions. La plupart de tous ceux qui sont capables de faire des analyses profondes, expliquer et faire comprendre la réalité des choses sur le terrain ne sont pas des enfants. Ils ont tous connu les périodes récentes de l’histoire politique du pays.

Aussi, les tenants du pouvoir doivent savoir choisir leurs propos, le contexte et surtout la manière de dire certaines choses. Sinon, au force de croire le contraire, ils contribueront eux-mêmes à frustrer les Burkinabé. Y a-t-il de honte à reconnaître ses erreurs, ses défaillances, ses ratés et ses insuffisances quand on ne les a pas soi-même créées? Au contraire, en disant la vérité aux Burkinabé, on contribue à soulager leurs peines. Il suffit de leur faire savoir que si on avait pu, on aurait fait mieux. S’ils veulent, ils accordent un nouveau bail. C’est tout simple.

La politique politicienne, basée sur le mensonge, la tromperie et le discours creux ne passera plus. D’ailleurs, les premiers à la dénoncer devaient être les hommes politiques eux-mêmes car ils en seront les premières victimes. Il y a suffisamment d’organisations de la société civile crédibles et de défense des libertés, de contrôle et d’analyse des performances pour dire les choses telles qu’elles sont se présentent aux populations. Vaut mieux être dans ce registre.

Dabaoué Audrianne KANI



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