Zéphirin Diabré, l’opposant politique « mal-compris »

26/07/2019
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Si l’opposition politique réunie autour du Chef de file de l’opposition (CFOP) qu’est Zéphirin Diabré n’était pas allée au dialogue politique initié par le présidentRoch Marc Christian Kaboré, on l’aurait accusée d’avoir refusé la main tendue du chef de l’Etat. Alors que le pays est dans une situation politique, sécuritaire, économique et social difficile. C’est certainement ce qui a pesé lourd pour que l’opposition se retrouve autour de la table du dialogue. Partie à ce dialogue, elle est accusée d’être une opposition molle, vendue, qui ne pose pas les vrais problèmes du peuple. Pire, après la conférence de presse au cours de laquelle Zéphirin a salué le comportement de la majorité, on lui est tombé dessus à bras raccourcis. Car, des Burkinabè ne peuvent pas comprendre qu’un chef d’opposition félicite un pouvoir pour son comportement. C’est ainsi qu’on fait de la politique au Burkina. Ou du moins, c’est ainsi qu’on a appris la politique au Burkina.

Aussi est-on tenté de se demander si Zéphirin Diabré n’est pas un homme politique mal-compris. Le chef de file de l’opposition politique a travaillé avec Blaise Compaoré. Il a été, en 1992, son ministre du Commerce, de l’Industrie et des Mines et en 1994 son ministre de l’Economie, des Finances et du Plan. Un certain Roch Marc Christian Kaboré était le Premier ministre. En 1996, il est nommé président du Conseil économique et social (CES). C’est suite à des divergences avec le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), créé en février de la même année, qu’il quitte le pays. Avant de revenir en politique en 2009, après le forum sur l’alternance au Burkina organisé du 1er au 3 mai de la même année. L’Union pour le progrès et le changement (UPC), le parti dont il est le président n’a vu le jour qu’un an plus tard, le 1er mars 2010.

Pour ceux qui le connaissent, Zéphirin Diabré est un homme politique différent des autres. Profondément attaché à la République, il s’attache toujours à ce qu’il fait soit inscrit dans celle-ci. Autrement dit, pour lui, le jeu politique n’est qu’un jeu dans lequel l’opposition s’oppose et le pouvoir gouverne. Cependant, il n’est pas nécessairement inscrit dans le rôle de l’opposition d’empêcher le pouvoir de gouverner. Aussi, quand l’enjeu en vaut la peine, Zéphirin n’hésite pas à travailler pour sauver le pays. Aussi, dit-on que s’il s’était agi de lui, Blaise Compaoré n’aurait pas été contraint à la démission dans la mesure où il avait déjà retiré le projet de loi modificatif de la Constitution et mieux, il ouvrait la voie à une transition politique à l’issue de laquelle il ne se représenterait pas. Malheureusement, derrière cette position de Zéphirin se trouvaient d’autres ambitions dont l’objectif était tout autre. Il a dû faire avec, malgré lui. Peut-on dire qu’aujourd’hui Zéphirin est victime de sa propre politique ? « Aller au dialogue politique ne veut pas dire une pause d’armes pour l’opposition », avait-il dit au cours de sa dernière conférence de presse.

Dabaoué Audrianne KANI



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