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Petits boulots des vacanciers : "Ils n'ont pas de vacances"

07/08/2019
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Si les "vacances" sonnent comme une absence d'activités, une période de loisir et de divertissement et un total repos, loin de tout stress et de travail, durant ces dernières années, les choses ne sont plus vues de la même manière, surtout par les jeunes incluant les élèves et les étudiants. En effet, les jeunes ne veulent plus rester les bras croisés pendant les vacances. Tout le monde veut se rendre utile et c'est l'opportunité de s'occuper, tout en se faisant des sous.

A Bobo-Dioulasso, pendant les vacances de 2019, plusieurs "vacanciers" avaient commencé dès juin à postuler pour un petit job. Pendant 3 à 4 mois, ils se feront un peu d'argent grâce à leur travail dans des entreprises, des boutiques et alimentations, des garages, etc. La plupart du temps, ils trouvent des emplois sur les réseaux sociaux comme Facebook et Whatsap."Sur Facebook il est beaucoup plus facile de trouver un emploi, il m'a suffi de taper dans la barre de recherche ce que je voulais et j'ai directement vu des propositions de petits contrats", raconte Patrick SANA, un jeune agent commercial recruté par une banque en juillet pour la promotion de son nouveau produit. Le bouche-à-oreille permet aussi aux jeunes de se faire embaucher dans leurs quartiers en qualité d'apprentis sur les chantiers ou fabricants de briques.

Entre postulants et chômeurs, il y a aussi les «entrepreneurs» qui n'attendent pas de se faire embaucher, mais qui sont leur "propre patron". C'est le moment de montrer ses compétences, vu que pendant les cours la plupart n'ont pas le temps et les vacances deviennent alors le moment idéal pour eux. Ils se lancent alors dans le commerce et la création de leur propre business. Il est rare néanmoins d'en trouver dans la ville de Sya, l'embauche n’étant plus à la mode. C'est donc avec admiration qu'on remarque tous les jours des jeunes, marcher toute la journée sous le soleil tapant, dans le but de créer des comptes pour des opérateurs de transfert d’argent. Certains n’hésitent pas à sortir sous la pluie en plein hivernage pour regagner leur «lieu de travail».

Si le besoin d'argent est la principale raison qui pousse ces jeunes à travailler pendant les vacances, pour quelques-uns, ce n'est pas le cas. En effet, il y a des étudiants ou des élèves qui souhaitent seulement s'occuper pour ne pas s'ennuyer, car ils ne sont pas habitués à ne rien faire. Certains souhaitent avoir juste le nécessaire pour payer leurs prochains frais de scolarité. "Je dois absolument aider mes parents à préparer la rentrée scolaire. Ils sont vieux et ne travaillent plus et je veux réunir l'argent pour au moins payer ma scolarité l'année prochaine. Donc je n'ai pas de temps pour les vacances", tels sont les propos d’Alidou, écolier en classe CM1, âgé de 9 ans, portant sur la tête un carton rempli de babioles qu'il vend en se promenant toute la journée. Il entre dans un kiosque pour proposer des allumettes ou biscuits aux clients. Non loin du kiosque se trouve Sakinatou, âgée de 10 ans. Elle porte sur la tête une grande assiette de savons traditionnels. "J'ai échoué au CEP cette année et je dois reprendre l'année prochaine. Avec l'argent gagné grâce à la vente des savons, je pourrai reprendre le CM2", dit-elle.

Néanmoins, il faudrait songer aussi à voir cette perspective d'un mauvais œil. L'emploi est certes très bénéfique pour les jeunes, mais pour les enfants ce n'est que négatif. Il y a des enfants qui n'ont pas encore fini de grandir dans la joie, et ils sont déjà confrontés à de telles difficultés et autant de stress. Tous les enfants méritent d'être protégés et non de prendre des risques en se promenant dans la ville, à longueur de journée. Il faudrait savoir que nous exposons nos enfants sans le savoir aux dangers de la ville. On doit vraiment interpeller les services de la sécurité sociale pour une vérification et une protection approfondie des enfants.

Hormis cet aspect négatif, le dévouement des jeunes à travailler pendant les vacances est à encourager car cela les forge et leur fait de l'expérience. C'est un bon facteur pour le développement car la jeunesse est le pilier de tout pays, et la nôtre n'attend pas d'avoir fini les études pour s'autoriser à rentrer dans le monde de l'emploi. On espère voir ce courage s'accroître au fil des années.

GUEYE Linda/Stagiaire



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