Effectivement, la justice burkinabè a avancé

08/08/2019
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Qui l’aurait cru! Ici au Burkina Faso! IAMGOLG Essakane, la plus grande société minière du Burkina et le Groupe Bolloré Transport et Logistics devant la justice pour répondre d’infractions sur la production et l’exportation frauduleuse de l’or au Burkina! Effectivement, le procès a débuté hier mercredi 7 août 2019 comme promis par Laurent Poda, le Procureur général, près la Cour d’appel de Ouagadougou. Un procès emblématique puisqu’il met aussi en cause des Directions générales chargées de la production et de l’exportation de l’or. En outre, des douaniers reviendront répondre. Cerise sur le gâteau, un membre du gouvernement en l’occurrence le ministre des Mines et des Carrières pourrait être entendu si la Haute cour de justice emboîte le pas à la Cour d’appel. On espère bien qu’elle empruntera le même chemin que la Cour d’appel. Au cas contraire, les Burkinabè en tireront les leçons. Le ministre pourrait l’aider aussi à se décider en se mettant à sa disposition.

Aussi, pour ne pas le dire, on peut estimer avec fierté que c’est un gros coup que la justice burkinabè vient de jouer. Grâce à la ténacité et à l’opiniâtreté du Procureur général de reprendre le dossier et de lui donner une suite judiciaire. Dans le respect de la procédure judiciaire. Car, comme s’il avait enfin entendu le cri de cœur des Burkinabè, il fallait, ne serait-ce qu’une fois en passant, secouer le cocotier. Et sérieusement. La justice burkinabè a tellement traîné le pas et des casseroles dans bien de dossiers qu’elle se devait de se réveiller. Car, le changement tant espéré et toujours attendu des Burkinabè ne peut être une réalité sans son engagement et sa volonté à faire bouger les lignes par l’assainissement de la vie publique.

En démocratie, et dans les sociétés civilisées, le rôle de la justice est si important que lorsqu’il y a des défaillances à son niveau, c’est tout l’édifice social qui s’écroule. Que ce soit le plus fort ou le plus faible, chacun a besoin de la force de la justice pour se sentir en sécurité. Elle garantit à tous des droits et des devoirs, en même temps qu’elle facilite les relations entre les hommes en assurant la paix pour tous. Certains n’hésitent pas à dire d’elle qu’elle est le dernier rempart lorsque tous les ressorts ne sont plus solides.

Les Burkinabè attendent donc beaucoup et encore plus de leur justice. Qui, à en croire le Procureur général avance, même si ce n’est pas au rythme qu’ils auraient voulu. La justice a voulu son indépendance judiciaire, on la lui a donnée. Même si elle traîne les pas à la prendre effectivement. Elle a voulu que cette indépendance soit accompagnée d’avantages financiers. On les lui a donnés.

Certainement que tout cela n’est pas suffisant pour faire de très grandes choses. Mais, dans le contexte burkinabè, c’est assez pour dire au moins le droit. Avec donc un peu plus de volonté et d’engagement, on peut avancer encore davantage.

Dabaoué Audrianne KANI



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