Tabaski et prix des moutons : La marque du terrorisme

09/08/2019
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A cause du terrorisme, de nombreux éleveurs sont partis de leur base sans bétail. La situation a beaucoup perturbé le prix du mouton à la Tabaski 2019. Dossoun Sanou, vice-président de l’Union nationale des producteurs de la filière bétail-viande du Burkina Faso, membre de la Confédération des fédérations nationales de la filière bétail-viande de l’Afrique de l’Ouest (COFENABVI-OA), nous donne plus de détails.

 

Des éleveurs ont dû fuir leurs zones à cause du terrorisme. Ces départs massifs des éleveurs n’ont-ils pas eu de répercussions sur vos activités?

Le départ des éleveurs a gravement joué sur nos activités. J’ai été à Ouagadougou il y a de cela une semaine pour voir ensemble avec mes collègues, comment organiser notre opération Tabaski. Chaque année, la CONFENABVI-OA organise une opération Tabaski à travers la vente de moutons. Cette opération est tournante entre les pays côtiers, la Côte-d’Ivoire, le Togo, le Ghana, ou le Bénin. Cette année, c’est la Côte-d’Ivoire qui devait abriter notre opération Tabaski. Elle devait commencer le 2 août 2019. Malheureusement, il y a eu rareté d’animaux parce que localités ont été vidées de leur population et des éleveurs dépouillés de leurs animaux… Au regard de tout cela, les acteurs épargnés n’ont plus le courage d’aller vers Ouagadougou. L’affluence n’est pas comme les autres années.

 

Quelles sont les conséquences immédiates qu’une telle situation peut entraîner sur le marché?

La surenchère, évidemment! Nous avons tenu une rencontre au parc à bétail de Tanghin. Mais les prix des moutons oscillent entre 200000 FCFA et 300000 FCFA! Pour des moutons d’un gabarit moyen, ces montants sont trop chers. A regarder ces moutons par rapport à l’an passé, les prix ont vraiment grimpé. La situation sécuritaire a fait grimper les prix des moutons.

 

Prévoyez-vous des actions futures pour réorganiser les acteurs ainsi désorientés?

Qu’elle que soit l’organisation que la filière mettra en place, elle ne suffira pour remédier à la situation. La seule et meilleure solution, c’est la fin des attaques terroristes. D’habitude, les moutons viennent de Fada, de Djibo et de Kaya. Malheureusement, c’est la zone éprouvée par les attaques. Cela a complètement diminué les activités. Le problème est donc sérieux. Nous devons nous accorder sur l’essentiel pour que vive le Faso. Quand des Burkinabè jubilent parce qu’il y a eu des attaques, ou bien des Burkinabè qui attaquent leur pays, c’est qu’il y a problème!

Interview réalisée

par Souro Dao


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