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Salifou Nikiéma, élu consulaire de la chambre de commerce : «Nous sommes satisfaits de la vision du chef de l’Etat »

09/08/2019
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La 3ème édition du forum national de l’économie informelle s’est tenue du 18 au 20 juillet 2019 à Ouagadougou. A l’occasion, nous avons rencontré un des participants, Salifou Nikiéma, élu consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie, représentant des petits commerçants et secrétaire exécutif chargé du secteur informel au patronat.

 

Du 18 au 20 juillet dernier s’est tenue la 3ème édition du forum national de l’économie informelle. Quelle appréciation faites-vous de ce rendez-vous des acteurs du secteur informel?

Tous les acteurs du secteur informel sont satisfaits de cette rencontre. Cela fait 8 ans que nous attendions cette rencontre et la reconnaissance du secteur informel. Il faut noter que le secteur informel compte 93% de l’économie nationale et il n’était pas reconnu par les autorités. C’est un ouf de soulage qu’il y a eu cette rencontre. Nos remerciements vont à l’endroit des autorités et plus particulièrement au ministre du Commerce qui a pu organiser cette rencontre. En plus, nous lui demandons de continuer à aider le secteur informel car si ce secteur est bien organisé cela va booster l’économie burkinabé. Cette rencontre nous a permis aussi d’échanger avec le Président du Faso qui a pris des engagements forts en ce qui concerne le secteur informel et à tenir chaque deux ans cette rencontre afin de dresser le bilan des recommandations prises. C’est une satisfaction pour nous.

 

Qu’en pensez-vous des recommandations issues de cette rencontre?

Durant cette rencontre, nous avons formulé des recommandations. La première, est qu’il puisse se tenir tous les deux ans. Et la seconde est que le gouvernement nous trouve un siège à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso où tous les acteurs du secteur informel pourront se rencontrer afin de pouvoir professionnaliser leurs activités. Il faut souligner aussi que nous avons eu la chance avec ce gouvernement qui, à travers des lois, a pu réglementer le commerce. Les grossistes et les demi-grossistes resteront dans leurs activités pour permettre au vendeur en détail de pouvoir développer leur commerce. Le travail qui reste à faire est que les commerçants eux-mêmes prennent conscience de cette nouvelle loi et l’applique comme il se doit. Le siège nous permettra de régler tous ces problèmes. Nous avons demandé aussi au gouvernement dans notre troisième recommandation, de permettre aux commerçants du secteur informel de prendre part aux différentes missions du ministre du Commerce. Cela va nous permettre de partager nos expériences. Si nous prenons l’exemple du Sénégal, ce sont les acteurs du secteur informel qui collectent les impôts pour l’Etat et en retour l’Etat leur accorde certains privilèges. Voici une méthode que nous pouvons appliquer au Burkina Faso. Cela permettra à l’Etat de collecter plus d’impôts.

 

Quel est votre message à l’endroit des jeunes du secteur informel?

Mon message pour la jeunesse est que nous nous fassions confiance avec plus d’engagement. Celui qui veut réussir doit respecter ses engagements. L’économie de notre pays souffre car beaucoup font recours à des micro-finances pour travailler alors qu’avec ces micro-finances les taux sont plus élevés. Le taux le moins élevé est de 15% et si tu demandes un crédit de deux millions tu n’auras plus de 1 750 000 alors qu’il te faut les deux millions pour pouvoir réaliser ton projet. Déjà tu es en difficulté car tu n’as pas la somme nécessaire et on va te donner un délai d’un an pour le remboursement. De ce faire, nous demandons à l’Etat de permettre aux commerçants d’avoir au moins 5 millions avec cinq ans pour le remboursement. Nous demandons aussi à l’Etat d’alléger les conditions de prêt pour permettre aux jeunes d’entreprendre.

 

Quelles sont les difficultés que ce secteur travers?

Notre difficulté majeure est la réglementation du commerce. Si le commerce est bien réglementé, tout le monde va s’en sortir. Je prends l’exemple du Mali, ou devant les grands magasins, il y a des détaillants et si tu veux un article en détail tu es obligé de passer par eux pour l’avoir car tu ne peux l’avoir directement dans le magasin qui vend en gros.En ce moment le patron gagne et le petit aussi. Mais si tout est géré par une seule personne c’est compliqué pour les autres de se développer même avec un prêt avec un taux de 0%. Il revient donc à nous les commerçants de prendre notre responsabilité pour que la donne change. Ainsi, le Président du Faso nous a demandé de nous mettre en union afin que le gouvernement puisse nous apporter son aide. Nous sommes satisfaits de la vision du chef de l’Etat car c’est le seul moyen pour nous de nous en sortir.

 

Le chef de l’Etat vous a recommandé de vous mettre en union afin de bénéficier de l’aide du gouvernement. Comment compter vous vous organiser concrètement ?

Actuellement, nous sommes en concertation pour la mise en place de cette faîtière. Pour que cette faîtière soit digne de son nom, il faut la fédération des associations actives pour que le problème soit résolu. Pour le moment, tout le monde ne peut pas être dans cette faîtière parce que tout simplement le Président du Faso nous l’a demandée. Il faut d’abord qu’on prenne les associations en activités. Si nous prenons l’exemple du Sénégal, le secteur informel est autonome car les acteurs ont travaillé à avoir leur propre fonds et je pense que nous pouvons le faire aussi au Burkina Faso.

Jules TIENDREBEOGO



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