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Les PDI, vous connaissez ?

09/08/2019
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Fuyant les affres du terrorisme, ils ont décidé (malgré eux, car c’est le terme qui convient le mieux) de quitter les localités qu’elles abritaient pour se réfugier dans d’autres localités. Pour ne pas être tuées. Elles se sont les «Personnes déplacées internes», appelées PDI. C’est triste de le dire et d’accepter qu’on les appelle ainsi. Elles sont des hommes, des femmes et surtout des enfants qui se retrouvent ainsi dans une situation qu’elles n’ont jamais voulue ou souhaitée. Malheureusement, elles sont obligées de faire avec.

La situation est d’autant plus préoccupante car les infrastructures d’accueil pour les héberger ne sont pas suffisantes. À les en croire, les hommes sont obligés de laisser la place aux femmes et aux enfants. Pour un autre refuge, sous les arbres en cas d’intempéries. Selon un encadreur, ces personnes sont si traumatisées qu’au moindre bruit, c’est la panique et la débandade. À dire que ce sont des personnes si fragiles qu’il va falloir prendre les mesures nécessaires pour les sécuriser. Non pas seulement sur le plan physique, mais également sur le plan psychologique car, le mental est atteint. À ces personnes, il faut également assurer une autre sécurité, qui est elle alimentaire. Car, de ce côté, les choses ne sont pas simples. Quand on estime leur nombre à plus de 250 000 PDI, il y’a de réelles inquiétudes que les gouvernants doivent avoir.

Ces personnes sont pour la plupart des agriculteurs qui ne pourront pas produire cette année parce qu’elles ont abandonné leurs terres. Ce sont aussi des éleveurs qui ont perdu ou abandonné leurs animaux. Qu’elles ne sont pas sûres de retrouver. Pire ce sont des personnes qui ont perdu pour certaines des frères, des enfants ou des époux. C’est à imaginer le stress permanent dans lequel elles vivent.

Au regard de tout cela, il va falloir que les Burkinabè s’organisent mieux. Principalement sur deux plans. Le premier est de permettre l’intégration de ces personnes qui fuient leurs localités. En leur procurant l’essentiel dont elles ont besoin pour se sentir au Burkina, chez elles. C’est pourquoi, il faut saluer toutes ces chaînes de solidarités qui se tissent et qui accompagnent les efforts du gouvernement, sur le plan national et international, pour leur venir en aide. Le second aspect de la question, qui est le plus difficile, constitue à sécuriser les zones d’insécurité, à ramener la quiétude afin que les PDI puissent retourner chez elles. Comme le dit certains d’entre eux, «notre place n’est pas en ville parce que nous n’avons rien à y faire ». Pour cela, aucun effort n’est de trop. Aucune stratégie non plus, pourvu qu’elle respecte les droits de la personne humaine. Il est évident que la situation ne peut demeurer comme elle l’est actuellement. Il faut nécessairement que la sécurité et la paix reviennent.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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