Inter-religions : Pour les autres religieux, Tabaski est aussi une fête

13/08/2019
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Ce 11 août, jour musulman par excellence dédié à la Tabaski (Eid El Kébir ou fête du mouton), est aussi comme les autres jours fériés à Sya. C’est le repos pour tous, festif pour la plupart ! Les rues de Bobo-Dioulasso sont vides à certaines heures au centre ville ! Les magasins sont fermés.

Les habitants des villages environnants comme, Pala situé à quelques pas de l’entrée de Bobo-Dioulasso par la Nationale n°1, le côté festif se fait remarquer chaque année. La population en majorité musulmane, fête comme de coutume en l’honneur d’Allah...par le sacrifice du mouton, la prière à la grande mosquée du village et le partage entre voisins et en famille. Tous les voisins sont d'ailleurs plus ou moins proches comme dans la plupart de ces villages bobos dont certains sont majoritairement musulmans.

SPour ces populations, la Tabaski est une autre occasion de resserrer les liens familiaux et il n'est pas rare de voir des chrétiens rejoindre le village. C'est-à-dire la famille, à cette occasion qui permet à tous de se retrouver autour d'un même plat après la prière. La religion ici a quelque chose de traditionnel et d'héréditaire. On est musulman par normes sociétales comme on est forgeron, griot ou sansan (cultivateur) par lignée, avec ce que cela comporte comme rites et critères de socialisation séculaires. Les us et coutumes s'entremêlant au gré du temps et de la modernité, gommant significativement les frontières différentielles entre familles et "lignées" traditionnelles. Même si l’essentiel demeure et se veut "intouchable” selon les anciens. Tabaski comme Noël, Saint-Sylveste et Grandes Funérailles se fêtent quasiment de façon indifférenciée par la globalité communautaire, chacun mettant l'accent sur la commémoration qui lui tient le plus à cœur selon ses convictions profondes.

Mais la norme sociale communautaire érigée en bienséance veut qu'on ne boude pas les grandes dates de l'autre ou qu'on ne la méprise pas par suffisance ou par provocation. Ce gage d'acception de tous est généralement bien observé dans le village de Pala et chaque Tabaski vient le rappeler. C’est pourquoi, il n’est pas étonnant d’entendre dire par un musulman au cours d’une cérémonie de baptême ou de doa, qu’ « à Pala, si tu parts voir le chef de village pour une question donnée, elle n'est pas entièrement réglée. Il faudra aussi voir du côté de la mosquée ». Peut-être n’a-t-il pas raison qu’en partie ! Les traditionnalistes et bientôt les chrétiens pourraient en dire autant et c'est tant mieux pour la cohésion et la complémentarité communautaire. Tous ont directement ou indirectement souhaité bonne fête du mouton aux fervents musulmans. Dans la liberté et la paix !

Sibiri SANOU



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