Affaire charbon fin, Roch ne doit pas manquer l’occasion

13/08/2019
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Même si le procès a été reporté à octobre prochain, cette affaire de charbon fin est une occasion que le président Roch Marc Christian Kaboré, le Premier ministre, le Mouvement du peuple pour le progrès et tous les partis qui l’accompagnent doivent saisir pour démontrer aux yeux des Burkinabè que la bonne gouvernance qu’ils prônent ne s’arrête pas seulement aux mots. Mais, d’actes concrets qui donnent l’exemple. La justice, à travers le procureur Général Laurent Poda, a pris ses responsabilités et cherchant à aller jusqu’au bout. Dans cette perspective, la justice voudrait bien entendre le ministre des Mines et des Carrières. Malheureusement, les pouvoirs du procureur général sont limités. Car, dans l’agence du système juridique burkinabè, il revient à la haute cour de justice d’entendre un ministre. Étant en fonction, celui-ci ne peut être entendu. Que faire ?

Soit le ministre lui-même, pour une question d’honneur et de responsabilité décide de quitter son poste pour se mettre à la disposition de la justice afin de laver cet honneur et mériter la confiance des Burkinabè, soit le Premier ministre ou le président du Faso décide et le démette de ses fonctions. Ce serait à leur honneur. À défaut, que la majorité présidentielle prenne ses responsabilités en mettant l’affaire au centre de ses préoccupations. Ce qui sera une sorte de pression sur le ministre afin qu’il rende le tablier et se mette à la disposition de la justice. Car, en cette circonstance, si le juge a décidé de juger le dossier, c’est que les déclarations du ministre, au cours de sa conférence de presse sont contraires à ce qu’il a comme éléments en sa possession. Naturellement, le ministre doit s’expliquer. C’est aussi simple que cela. Au cas où cela ne sera pas le cas, le pouvoir aura raté une belle occasion de convaincre les Burkinabè de sa véritable volonté de lutter contre la corruption, la mal gouvernance et le respect de la chose publique. La justice est en train de jouer sa partition après la presse. On espère seulement qu’elle ira jusqu’au bout. D’ailleurs elle n’aura pas le choix car les Burkinabè suivent désormais de très près ce dossier qui sonne comme un début du «plus rien ne sera comme avant».

Mieux, cette histoire de charbon fin pose une fois de plus la préoccupante question de l’exploitation des ressources aurifères au Burkina. Ce sont des ressources naturelles qui appartiennent en premier aux filles et fils de ce pays. Comment cela peut-il se passer que ce soit des sociétés étrangères qui les exploitent et que le pays n’en bénéficie qu’une infime partie ? Ce qui s’est passé à la mine de Younga n’est certainement pas étranger à cette question. Les Burkinabè ne peuvent pas comprendre que l’exploitation des ressources de leur sous-sol ne leur profite pas suffisamment. C’est une question de bon sens et de justice sociale.

Dabaoué Audrianne KANI



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