Gouvernement/Syndicats, l’échauffement en attendant la rentrée

16/08/2019
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Au cours d’une conférence de presse ce mardi 13 août 2019, l’Unité d’action syndicale (UAS) a taclé le gouvernement en le traitant de « méprisant » et « irrespectueux de la parole donnée ». Car, pour les syndicats s’il y a blocage de dialogue, c’est parce que le gouvernement ne veut pas respecter les engagements qu’il avait lui-même pris. Aussi, face à ce blocage, les syndicats se réunissent demain samedi à travers leurs Secrétaires généraux dans un premier temps, puis dans un second temps, ils envisageront des actions pour contraindre le gouvernement. Qui, à son tour, a toujours soutenu que le dialogue n’a jamais été rompu avec les partenaires sociaux. Finalement, on se demande bien à propos qui du gouvernement ou des syndicats ne joue pas franc jeu.

En effet, le principe élémentaire d’un dialogue responsable c’est qu’avant même d’aller à la table des négociations, les deux parties font confiance l’une à l’autre. Alors qu’ici, cette confiance ne semble pas exister. Il n’est certainement pas exagéré de le dire, les syndicats n’ont pas confiance au gouvernement. Est un constat. À moins qu’en attendant la rentrée, ils veulent mettre la pression sur le gouvernement. Les syndicats ont leurs raisons car depuis un certain temps (et ce n’est pas propre au régime de Roch Marc Christian Kaboré) les gouvernements ont toujours attendu la forte pression des partenaires sociaux pour envisager véritablement des réponses à leurs préoccupations. Les exemples de ces trois dernières années avec les mouvements d’humeur des financiers, des agents de la santé, des enseignants pour ne citer que ces cas, sont là pour en témoigner. Les syndicats ayant compris cela, se sont engouffrés dans cette brèche. Que le gouvernement aura beaucoup de peine à refermer.

Cependant, il faut admettre que ni les syndicats, ni le gouvernement ne sortiront gagnants d’un long bras de fer entre les deux. Tout simplement parce que les préoccupations des Burkinabè sont telles que ce n’est pas seulement par un mouvement syndicaliste qu’on peut leur apporter des solutions. Du reste, à moins qu’elle soit une grève générale, la grande majorité des Burkinabè ne sont plus prêts à aller dans des mouvements incontrôlés qui pourraient nuire davantage à leur bien-être économique et social. On se rappelle le tollé de réprobation générale qu’il y’a eu lorsque les chauffeurs routiers étaient allés en grève, bloquant ainsi le trafic routier sur toute l’entendue du territoire national. Même les mouvements d’humeur des financiers n’ont pas été appréciés par de nombreux Burkinabè quand bien même ils étaient légitimes. C’est pourquoi, si l’Unité d’action syndicale veut engager des luttes syndicales, il va falloir bien choisir le mode et la période de celles-ci. Pour prétendre mobiliser le plus grand nombre de Burkinabè autour de sa plateforme. Au cas contraire, ça risque d’être un fiasco. Et la, il lui sera difficile de reprendre aussitôt la main.

Dabaoué Audrianne KANI



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