Après Naaba Sonré du Boussouma, c’est le Kupiendieli du Gulmu

19/08/2019
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Ils avaient plusieurs points en commun. D’abord, ils sont tous rois. Tous les deux trente-unième de leur lignée. L’un du Boussouma, l’autre du Gulmu. Ils étaient tous des hommes politiques. Militant dans des partis politiques autres que les partis au pouvoir. Ils ont ainsi été tous députés. Si le Kupiendieli a quitté la scène politique active à un moment donné, ce ne fut pas le cas du Boussouma qui y est resté jusqu’à sa mort. Il est mort député. C’était le 30 juillet 2019. Seize jours après, dans la nuit du 16 au 17 août, le Kupiendieli meurt à l’âge de 91 ans.

Comme ce fut le cas après le décès du roi du Bousssouma, les communiqués du gouvernement et des partis politiques sont tombés de partout. Tous, reconnaissent, saluent et rendent hommage à un homme de conviction, de position et de rigueur non seulement sur le plan politique, mais également sur le plan traditionnel. Où ses prises de positions étaient bien tranchées et clairvoyantes. Même si cette question ne pose pas directement la problématique de la chefferie dans la politique, il n’en demeure pas moins que la ruée des partis et hommes politiques vers les chefs coutumiers ou traditionnels est une réalité. Avec laquelle il faut compter encore longtemps.

En effet, les décès de ces chefs traditionnels et hommes politiques de référence que tout le monde reconnaît (on espère que ce n’est pas de l’hypocrisie) viennent rappeler l’urgence de l’enseignement des valeurs africaines, pour ne pas dire burkinabè qui nous caractérisent. Le Burkinabè, sans le patriotisme, sans l’intégrité, sans l’endurance et la rigueur dans le travail, sans la probité et le respect du bien public, la culture de la paix et du pardon, n’est pas complet. Malheureusement, ce sont ces valeurs qui sont en train de nous quitter. Tout simplement parce qu’à un moment donné de notre parcours politique et historique, nous avons manqué de prendre toutes nos responsabilités. Notamment dans les domaines de l’éducation et de la formation. Tant dans les cellules familiales, à l’école que dans la société de façon générale.

Le retour aux valeurs burkinabè est une nécessité. Mais comment le faire, tout de suite et maintenant pour le réussir? Peut-on aujourd’hui demander à un Burkinabè qui ne porte pas de nom issu de sa tradition (village) les valeurs qui l’incarnent? Le nom traditionnel, que certains désignent maladroitement «nom botanique» est tout un symbole. Pour ne pas le dire, il détermine à la limite, sans une certaine mesure, le destin de celui qui le porte. Puisqu’il n’est pas donné au hasard. Qu’en est-il des noms que nous nous plaisons à donner à nos enfants sans même chercher à savoir ce qu’ils signifient. Le roi du Boussouma avait pour nom de règne «Naba Sonré». Celui du Gulmu, «Le Kupiendieli». Même si à l’état civil ils portaient d’autres noms.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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