Attaque de Koutougou, Doofu où es-tu ?

21/08/2019
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Certains diront que le problème qui se pose n’est pas celui du nombre de soldats tués. Car, même si c’était un seul tué, ce serait le même problème. Qu’à cela ne tienne. Mais quand on parle de plus d’une dizaine, c’est que la situation est tout de même assez préoccupante. Une dizaine, deux dizaines, trois dizaines,…ça laisse libre cours à la spéculation inutile. Les blessés, on ne sait pas non plus le nombre exact, puisque selon le même communiqué du gouvernement, il y en a plusieurs. Deux, trois, dix, vingt… Là aussi, ça laisse libre cours à toute spéculation. Quant aux assaillants neutralisés, ils sont nombreux. Si nombreux qu’on ne peut pas les dénombrer? Ou bien est-ce inutile de les compter? Et pourtant, les Burkinabè voudraient savoir. Peut-être pas tout, mais au moins ce qui s’est réellement passé à Koutougou pour que ce bilan soit si lourd.

Alors que l’on croyait qu’avec l’opération Doofu, nos Forces de défense et de sécurité étaient en train de reprendre la main aux terroristes, cette attaque «d’envergure» (le mot est du gouvernement) vient rappeler à tous que la lutte contre le terrorisme est très loin d’être gagnée. Autrement dit, les Burkinabè devront se réarmer (sur tous les plans) car l’ennemi est encore là, prêt à faire mal. Aussi, la solution ne doit pas seulement se limiter à un conseil militaire ou la démission du gouvernement, encore moins à une concertation de l’opposition politique. Il faut nécessairement que l’on sache pourquoi nous sommes attaqués. Tant que cela n’est pas connu, il sera difficile de lutter contre le terrorisme. Les terroristes ont un message clair, même s’ils ne l’expriment pas. Les spécialistes des questions terroristes peuvent bien le décrypter et permettre ainsi d’y apporter des réponses.

N’est-il pas vrai que lorsqu’on tue dix terroristes dans un combat, il se crée vingt nouveaux autres ? Peut-on dans un tel contexte, neutraliser tous les terroristes par les armes ?

La lutte contre le terrorisme, tel qu’il se manifeste au Burkina depuis le début avec l’attaque du Café Cappucino sur l’avenue Kwame N’Krumah à Ouagadougou requiert d’autres stratégies. Certainement en plus de la lutte armée. Ce n’est pas non plus les investissements pour promouvoir le développement dans les zones de terrorisme qui viendront à bout du phénomène dont les causes semblent plus profondes qu’on le croit. Si malgré l’unanimité des Burkinabè à lutter et à vaincre les terroristes et à sauvegarder l’intégrité de leur pays, les attaques sont de plus meurtrières, c’est que les moyens utilisés actuellement pour y arriver ne sont pas forcément les bons. Les Forces de défense et de sécurité disposent-elles réellement des moyens militaires, de renseignement, de subsistance sur le terrain pour y faire face?

En dehors de la lutte armée et du programme d’investissement dans le Sahel,quelle autre stratégie est-elle mise en place pour endiguer le phénomène terroriste? On sait que la lutte est longue, mais cela n’est pas une raison suffisante pour donner l’impression de se complaire de la situation telle qu’elle est actuellement.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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