En attendant le verdict, ce à quoi les Burkinabè doivent s’attendre

28/08/2019
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Que ce soit les accusés, les victimes, leurs parents ou ayant droits, ou encore les Burkinabè observateurs ou lambda, ils sont actuellement suspendus au verdict du tribunal militaire qui devrait vider l’affaire du putsch manqué du 16 septembre 2015, le 7 septembre prochain. Après environ 17 mois de procès. Si les Burkinabè sont restés accrochés au déroulement du procès jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas une semaine d’attente qui sera le plus difficile. En d’autres termes, les quelques jours qui nous séparent du verdict est l’occasion pour chacun, y compris les accusés et les membres du tribunal, de prendre beaucoup de recul pour accueillir le verdict. Non pas qu’il viendra donner raison à un camp contre un autre, mais il devra être le point de départ de la réconciliation nationale. Au moins, pour ce qui concerne le procès, il y aura eu justice après la vérité, même si elle n’est pas totale qui a été dite au cours du procès.

Au moins, pendant le procès, on aura su le rôle que les uns et les autres ont joué pendant cette page triste de l’histoire de notre pays. Même si certains éléments du puzzle ont manqué. Tel que Yacouba Isaac Zida qui a été cité à plusieurs reprises et dont la comparution, ne serait-ce qu’en tant que témoin, aurait permis de mieux comprendre ce qui s’est passé. Car, il était un élément clé du Régiment de sécurité présidentielle, mais aussi de la Transition dont la responsabilité n’a pas été pour rien pour que survienne le coup d’Etat. Bref, qu’à cela ne tienne !

Il est évident que lorsqu’on va à un procès, soit on en sort gagnant ou perdant. Le tribunal peut aussi, au regard des éléments en sa possession, décider de partager la poire en deux. Il semble que le contexte actuel de notre pays recommande que tout cela soit pris en compte. Les Burkinabè doivent éviter de s’inscrire dans la dynamique d’une justice vengeresse, des vainqueurs sur les vaincus. Ils ne doivent pas non plus verser dans la négation de la justice qui peut constituer un précédent grave dans le processus de réconciliation nationale qui se dessine progressivement, mais sûrement.

L’histoire retiendra que la justice burkinabè (même si elle est militaire) s’est inscrite dans la vision du peuple qui consiste à dire le droit et rien que le droit. En toute indépendance. Permettant ainsi aux Burkinabè de réapprendre à avoir confiance en leur justice. Gage de paix, de cohésion sociale et de vivre ensemble pour un Burkina qui avance. C’est pourquoi, il va falloir faire confiance aux juges, leur éviter toute sorte de pression d’où qu’elle vienne. Afin qu’ils travaillent dans la sérénité la plus totale possible. C’est le Burkina Faso qui gagne. Surtout en cette période où il est de plus en plus question de se retrouver pour défendre la patrie.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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