Hermann Saférba SIRIMA, maire de l’arrondissement n°7 : « Nous pensons avoir fait ce que nos moyens nous ont permis de faire »

02/09/2019
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Le maire de l’arrondissement n°7 de la commune de Bobo-Dioulasso, Hermann Saférba SIRIMA, que nous avons contacté, a bien voulu nous accorder cette interview sur le bilan de son mandat à mi-parcours. C’était le vendredi 23 août 2019 à Bobo-Dioulasso.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, monsieur le maire?

A l’état civil, je suis SIRIMA Saférba Herman, assureur de formation et actuellement cadre supérieur d’assurances à SUNU assurance Burkina.

 

Quel est le rôle d’un maire au sein d’un arrondissement, du conseil municipal et de la mairie?

Qu’il soit maire d’une commune rurale, commune urbaine ou d’arrondissement, tout maire assume principalement trois fonctions. Il est d’abord officier d’état civil et officier de police judiciaire. C’est à ce titre qu’il célèbre les mariages, signe certains actes d’état civil et a le pouvoir de constater les infractions à la loi pénale. Ensuite, le maire est le premier responsable de l’administration municipale. En tant que tel, il donne les instructions nécessaires à l’exécution des affaires courantes de la mairie et assure la police administrative qui a pour but principal de prévenir les troubles à la tranquillité, à la sûreté, à la santé et à la paix publique. Enfin, le maire préside les sessions du conseil municipal ou du conseil d’arrondissement. Il dirige les échanges et assure la police des débats. Dans le cas de Bobo-Dioulasso, qualifiée de commune à statut particulier, il faut distinguer le conseil municipal et le conseil d’arrondissement. Le 1er regroupe l’ensemble des conseillers municipaux élus dans les 33 secteurs et dans les 36 villages rattachés à la commune de Bobo-Dioulasso. Ils sont au nombre de 205 conseillers. Quant au Conseil d’arrondissement, il ne regroupe que les conseillers d’un même arrondissement. Le nôtre, c’est-à-dire l’arrondissement n°7, compte 26 conseillers issus des secteurs 21, 22 et 29 et des villages de Bana, Dindéresso, Kokorowé, Nasso et Ouolonkoto.

 

Depuis votre accession à la tête de la mairie, quelles ont été vos priorités ou votre vision en tant qu’élu devant gérer la collectivité de l’arrondissement n°7?

Quand nous sommes arrivés aux affaires le 21 juin 2016, il fallait relever plusieurs défis. Prioritairement, il fallait de prime abord stabiliser la problématique de la gestion foncière au sein de l’Arrondissement. Il fallait de ce fait organiser des assemblées générales (AG) dans les 03 secteurs relevant de notre ressort, le 21, le 22 et le 29. Le mot d’ordre lors de ces AG était de stopper la prolifération des habitats spontanés couramment appelés non-lotis. Simultanément et en l’absence d’un document de planification communale actualisé à l’époque (le Plan Communal de Développement (PCD) de Bobo existant ne couvrait que la période 2000-2010), il fallait faire un rapide diagnostique des principaux problèmes et faire ressortir les besoins des populations des différentes localités. Cela nous a amené à élaborer un plan d’investissement dont l’exécution nécessitait environ un milliard soixante-sept millions neuf cents quatre-vingt-trois mille trois cents dix-sept (1067983 317) francs CFA. Mais, la réalité financière des arrondissements nous a rattrapés et a empêché la mise en œuvre de ce plan d’investissement. En effet, les arrondissements ne sont pas autonomes financièrement. Ils reçoivent des crédits délégués concédés annuellement par le maire de la Commune, ordonnateur principal du budget de la Collectivité de Bobo. Dernière priorité à l’époque, il fallait développer les relations de coopération décentralisée de l’Arrondissement n°7 qui n’a hérité de rien (si on peut le dire ainsi) dans le domaine à sa création en 2009.

 

Quels sont les acquis, les réalisations exécutés du début de votre mandat à nos jours, c'est-à-dire à la date d’aujourd’hui?

A la date d’aujourd’hui, nous sommes à un peu plus de 3 ans de gestion. Certes, nous avons fait face à plusieurs difficultés, mais nous pensons avoir fait ce que nos moyens nous ont permis de faire. Ainsi, nous pouvons donc déjà nous réjouir du fait que l’administration que nous dirigeons a toujours régulièrement fonctionné. Les sessions du Conseil d’Arrondissement ont toujours été régulièrement tenues. Ce qui nous a permis d’adopter près d’une soixantaine d’arrêtés, une trentaine de délibérations et surtout des dizaines de milliers d’actes d’état civil (actes de mariages, actes de naissances, actes de décès, actes divers). En outre, nous avons procédé au curage des caniveaux chaque année avant l’hivernage dans les secteurs 21 et 22 avec l’appui logistique de la commune de Bobo, à l’ouverture et au rechargement de voies, notamment celle qui mène à Ouolonkoto avec l’aide matérielle de l’entreprise GECER, l’assainissement exhaustif du domaine du stade Général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA, la construction du Collège d’enseignement général (CEG) de l’Arrondissement n°7 grâce au Conseil régional des Hauts-Bassins. Quant à la formation des ressources humaines, elle a toujours été pilotée par la commune pour ce qui est des agents de la mairie. Toutefois, il convient de relever les séances de formation organisées en partenariat depuis 2017, nous avons de manière continue, la Journée de l’excellence avec l’accompagnement des partenaires financiers et des acteurs éducatifs de l’arrondissement.

 

Quelles sont vos perspectives à court, moyen et long termes?

A court terme, nous envisageons la tenue de la 3ème session ordinaire de l’année 2019 de notre conseil à la fin de ce mois. Il y a aussi que nous préparons le déménagement des services de la mairie dans ses tous nouveaux locaux réalisés à Belle-ville au secteur n°29, avec l’appui de la Commune. Nous sommes également invités en Allemagne en fin septembre pour participer au Festival Wôka Kuma et rencontrer des partenaires pour le financement de nos projets de développement et du Plan communal de Bobo-Dioulasso, adopté en septembre 2018.

A moyen terme, nous comptonsprocéder au retrait des parcelles des lotissements antérieurs à 2006 non-mises en valeur dans les délais légaux (notamment 05 ans); à la résolution des problèmes fonciers conformément aux conclusions de la commission d’apurement du passif du foncier, qui devrait déposer son rapport au plus tard la fin du mois de juin; l’organisation en février 2020, de la 3ème édition du Festival de danse et de musique traditionnelle de Colsama (FESTICO) en partenariat avec l’Association Wôka-Kuma; la réalisation de châteaux d’eau et de forages à Dindéresso, à Nasso et au CSPS de Belle-ville; la poursuite, incessamment, de l’opération de démolition des constructions anarchiques dans les zones non-aménagées et des parcelles illégalement occupées dans les zones déjà aménagées; la réouverture de la maternité Sylla SANOU; l’électrification solaire de la rue Issa AYATTU; la construction de latrines dans les écoles du Bloc Colsama; la réfection des bâtiments de l’école primaire et du CSPS de Nasso; la construction d’une école sur le site des actuelles écoles Belle-ville A et B; la construction d’un bâtiment administratif sur le site du CEG de l’Arrondissement n°7; l’équipement des écoles en mobiliers de bureau.

A long terme, nous envisageons la relance des échanges en vue de la réouverture de la maternité Sylla SANOU; la construction des marchés des secteurs 22 et 29, dont le processus avance lentement mais sûrement; la construction d’un Centre culturel germano-burkinabè; l’appui à la Fédération burkinabè de rugby pour la construction d’un Stade dans notre arrondissement.

 

Votre mot à l’endroit de la population de l’Arrondissement et votre souhait allant dans le sens de la cohésion sociale et de la paix?

Je voudrais profiter de cette occasion pour saluer et remercier la population de l’Arrondissement n°7 pour les soutiens multiples dont nous avons bénéficié depuis que nous sommes aux affaires. Ce qui peut s’analyser comme un acquis au cours de notre mandat est à leur actif. Une mention spéciale aux femmes qui se battent pour la création d’Activités génératrices de revenus (AGR) pour participer à l’amélioration des conditions de vie de leurs familles respectives. Nous avons toujours besoin de votre appui pour la mise en œuvre de nos projets de développement. Enfin, je m’incline affectueusement sur la mémoire de nos vaillants soldats tombés les armes à la main et sous les balles assassines des terroristes qui veulent plonger notre pays dans le chaos. L’erreur que nous ne devons pas commettre, c’est de nous apitoyer sur notre sort sans résister. Soyons promptes à dénoncer tout comportement suspect émanant d’individus inconnus. Vive la paix et la cohésion sociale et que Dieu raffermisse notre vivre ensemble et protège notre pays face aux agissements de l’ennemi. Nous avons une page facebook: Arrondissement 7 de Bobo et un Site web: www.arrondissement7bobo.com. Les citoyens peuvent suivre nos activités sur ces deux plateformes. Je remercie également tous les organes de presse pour l’accompagnement dont nous avons bénéficié jusque-là.

Mamadou BIRGUI

(Collaborateur)



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