Djibril a pris la moitié de Gilbert, chacun a eu pour lui

03/09/2019
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Le verdict du putsch du 16 septembre est tombé hier lundi 2 septembre comme prévu. Comme si le mois de septembre voulait cumuler à lui seul ce putsch. Bref ! À l’issue du délibéré en cette matinée du lundi 2 septembre, chaque présumé accusé et son ou ses conseils connaissent désormais le sort qui leur est réservé. La peine la plus élevée (ailleurs on dira la palme) revient au Général Gilbert Diendéré qui prend 20 ans de prison ferme. L’autre Général, Djibril Bassolé prend la moitié, soit 10 ans fermes. Chacun d’eux sera dépouillé de ses titres honorifiques. Sur le plan militaire, et au regard des textes et lois qui réglementent cette catégorie socioprofessionnelle, d’autres sanctions suivront telle la radiation des effectifs de l’armée pour condamnation, même avec sursis. Le moins que l’on puisse dire, est que ces condamnations du tribunal sont largement en deçà de celles qu’avait requis le parquet. À l’analyse, on pourrait dire que le tribunal, au risque de se tromper, que le tribunal a eu la main légère. Mais, que pourraient en penser les Burkinabè?

Évidemment, il y a ceux qui vont se satisfaire de ce verdict plus ou moins sévère. Moins sévère parce que les victimes, leurs parents et ayant droits et des organisations de défense des droits humains s’attendaient à des peines plus sévères comme l’avait requis le parquet. Plus sévère parce que des accusés désormais coupables et leurs conseils s’attendaient à ce qu’ils soient blanchis. Entre ces deux positions, il y a ceux à qui ces peines ne font ni chaud ni froid. Autrement dit, leur préoccupation ne se trouve ni dans la condamnation ni dans l’acquittement des uns et des autres. L’essentiel pour ces derniers est qu’on ait assisté à un procès et eu un verdict qui doit certainement permettre d’aller à l’apaisement des cœurs et à la réconciliation.

Si l’on doit s’inscrire dans cette logique, on pourrait dire que le tribunal a eu la main moins lourde. N’empêche que les accusés et leurs conseils peuvent faire recours. De son côté, le parquet peut également se pourvoir s’il estime que les peines prononcées sont moindres. Dans les deux cas, la juridiction supérieure devra se pencher à nouveau et réexaminer les peines prononcées. Ce qui prendra encore du temps.

Dans tous les cas, il n’est pas exclu que dans le cadre de la réconciliation, le président du Faso fasse usage de son pouvoir discrétionnaire de grâce présidentielle pour remettre en liberté les condamnés. Car à priori, le principal objectif visé, entre autres, par ce procès n’est pas de mettre des gens derrière des barreaux, mais de mettre fin d’une part à l’impunité et d’autre part d’éduquer au respect des institutions de la République, fondements de l’Etat de droit. Si c’est compris ainsi, tant mieux!

Dabaoué Audrianne KANI



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