Aide Chinoise à l’Afrique : Une touche particulière pour amorcer son développement

11/09/2019
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Le professeur de l’institut de diplomatie, Qi Jianhua, décrypte l’aide chinoise à l’Afrique.

Selon le livre blanc de "l’Aide chinoise” publié en 2011, l’aide chinoise portée vers l’extérieur est composée de 3 types. Il s’agit de l’aide sans contrepartie, prêt sans intérêt, prêt porteur d’intérêt à taux préférentiel. Et celle portée vers l’Afrique est composée de deux parties selon la politique chinoise, c’est la coopération et l’aide au développement. La coopération est sous forme économique et technique, y compris l’investissement direct. Et l’aide au développement désigne les dons, prêts à taux préférentiels, réduction et exonération des dettes ou de tarifs douaniers, aide sans contrepartie, ou offre de technique. Y compris les assistances humanitaires en cas de famine, catastrophe naturelle ou des cas pareils, cotisation et dons offerts par les ONG. Il faut noter que l’aide peut être officielle ou non-officielle. L’aide officielle est assistée par les organes gouvernementaux à savoir le ministère de Finances, les organisations politiques à savoir la Ligue de la Jeunesse, ainsi que les institutions financières gouvernementales à savoir la Banque de développement, le Fonds du développement sino-africain. L’aide non-officielle est soutenue par les acteurs comme les ONG, les entreprises qui investissent directement à l’étranger et les instituts ou académies de recherches.

Principes de la Chine sur l'aide économique et technique à l'étranger

Le gouvernement chinois fournit son aide à l’extérieur selon les principes d'égalité et d'avantages mutuels. Il ne considère jamais ce genre d'assistance comme une faveur unilatérale et estime qu'elle doit être mutuelle. Lorsqu'il fournit son aide, le gouvernement chinois respecte strictement la souveraineté du pays bénéficiaire. Il n'assortit son aide d'aucune condition et ne réclame aucun privilège. Le gouvernement chinois fournit son aide économique au moyen de crédits sans intérêt ou à faible taux d'intérêt. En cas de besoin, il prolonge l'échéance de paiement de dettes des pays bénéficiaires afin d'alléger leurs charges. L'aide extérieure du gouvernement chinois n'a pas pour but de créer une dépendance à l'égard de la Chine, mais plutôt d'aider les pays bénéficiaires à développer de façon indépendante leur économie en s'appuyant sur leurs propres capacités. En ce qui concerne les projets de construction dans les pays bénéficiaires, le gouvernement chinois s'efforce d'appliquer un principe d'investissements peu élevés, mais accompagnés de prompts résultats afin de permettre aux gouvernements locaux d'augmenter les revenus et d'accumuler les fonds. Le gouvernement chinois fournit aux pays bénéficiaires des équipements et du matériel de la meilleure qualité qu'il fabrique lui-même ; il négocie les prix avec eux compte tenu du marché international. Le remplacement est garanti si le matériel et les équipements fournis ne correspondent pas à la qualité et aux normes convenues. En fournissant une assistance technique, le gouvernement chinois s'engage à faire bénéficier le personnel des pays bénéficiaires de tout savoir technique. Les experts envoyés par le gouvernement chinois jouissent d'un traitement matériel égal à celui des experts des pays bénéficiaires, et aucune faveur particulière ne peut leur être accordée. Les formes d’aide peuvent être multiples, selon les conditions sur place. Dans les travaux sous-traités par les entreprises chinoises, elles doivent respecter l’engagement, garantir la qualité. L’objectif de la coopération est de se compléter, s’entraider, de favoriser le renforcement de la capacité de l’auto-développement et de promouvoir l’économie nationale.

Aide chinoise institutionnalisée depuis 2000

L’aide chinoise a été institutionnalisée depuis 2000 avec un mécanisme de dialogue collectif et de coopération conjointement établi par la Chine et l'Afrique pour faire face aux nouveaux défis et faciliter le développement en commun. Dans cette optique, une conférence ministérielle s'est tenue enoctobre 2000 à Beijing. Les ministres participants de Chine et de 44 pays africains ont échangé leurs points de vues et se sont déclarés convaincus qu'il est impératif d'établir unnouveau partenariat stratégique dynamique entre l'Afrique et la Chine. Les ministres se sont engagés à coopérer dans tous les domaines, notamment en matière de développement économique et social, sur la base de l'égalité et du respect mutuel, en vue de renouveler, de développer et d'élargir davantage cette coopération au 21e siècle.

Des mesures fortes en 2006

En 2006, des mesures ont été prises afin d’annuler les dettes gouvernementales liées aux prêts sans intérêt arrivés à échéance à la fin 2005 pour les pays africains pauvres très endettés et les pays les moins avancés. D’ouvrir davantage le marché chinois aux pays africains et porter de 190 à plus de 440 le nombre des produits exemptés de droits de douane en provenance des pays africains les moins avancés. De créer, au cours des trois prochaines années, 3 à 5 zones de coopération économique et commerciale dans des pays africains. De former, au cours des trois ans à venir, 15000 personnes compétentes, toutes catégories confondues, pour les pays africains ; envoyer en Afrique 100 experts agronomes chinois de haut rang ; créer en Afrique, 10 centres de démonstration des techniques agricoles ; y construire 30 hôpitaux et contribuer à la lutte contre le paludisme à hauteur de 300 millions de yuans. Pour mieux renforcer la coopération, de nouvelles mesures ont été prises en 2009. Il s’est agi d’ouvrir davantage le marché chinois aux produits africains en accordant un tarif douanier zéro en faveur de 95% des marchandises en provenance des pays africains les moins avancés (ayant relations diplomatiques avec la Chine). Dès 2010, 60% des produits africains bénéficieront de ce traitement de faveur. Aussi, intensifier et approfondir la coopération médicale et sanitaire, renforcer la coopération en matière de ressources humaines et d'éducation et multiplier les échanges humains.

Coopération à élargir et à approfondir

La coopération sino-africaine a continué à s'élargir et à s'approfondir. Des dirigeants africains ont indiqué que les infrastructures arriérées constituaient le principal goulot d'étranglement pour le développement en Afrique et ils ont exprimé le souhait de bénéficier du soutien et des aides chinoises à cet égard. Faisant siennes les préoccupations africaines, le Président chinois, Xi Jinping, a fait savoir la détermination chinoise à accélérer l'établissement de partenariats avec l'Afrique pour la construction des infrastructures transnationales et transrégionales en vue de promouvoir l'inter-connectivité entre les différents pays africains. Cette tournée en Afrique a vu la signature d'une quarantaine d'accords de coopération, dont plusieurs portent sur de grands projets socio-économiques pour les pays africains. Le Président Xi Jinping a annoncé une série de mesures de soutien à l'Afrique, y compris notamment l'augmentation des aides, la coopération en matière d'investissements et de financements, et la formation professionnelle.

Jules TIENDREBEOGO



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