Ce ministre a pris des mesures courageuses et intéressantes

11/09/2019
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Les Autorisations spéciales d’importation du sucre et de l’huile alimentaire sont suspendues. Ce, jusqu’à nouvel ordre en vue de favoriser la commercialisation et la consommation des produits locaux. Cette mesure du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat s’explique également par le fait de «graves dysfonctionnements du marché des produits concernés». Si on doit le dire, il faut tout de suite faire remarquer que le ministre Harouna Kaboré a pris une mesure qui ne fera pas de mal à la majorité des Burkinabè. Surtout pas aux deux unités industrielles et à leurs travailleurs qui étaient menacés les unes de fermeture et les autres de licenciement. C’est donc bien et même très bien.

Une autre décision du même ministre qu’il faut saluer, c’est celle portant interdiction de production, d’importation, de commercialisation, de détention, d’offre à titre gratuit des liqueurs et autres boissons spiritueuses en sachets plastiques. Cette interdiction concerne également les bouteilles P.E.T contenant ces mêmes boissons de capacité inférieure à 30 centilitres sur toute l’étendue du territoire national. Et ce, à compter du 6 septembre dernier.

Ce sont deux importantes et capitales mesures prises par le ministre pour le bien des Burkinabè. Elles ne doivent donc pas être des mesures cosmétiques juste pour contenter les plaintes face auxquelles il était de plus en plus difficile de garder le silence au regard de la gravité des effets que l’importation du sucre et de l’huile et la consommation des alcools frelatés sur la santé des Burkinabè. Il fallait certainement qu’un jour, quelqu’un prenne son courage et décide. Ce qui fut fait. Aussi Harouna Kaboré doit-il tout mettre en œuvre pour que ces courageuses mesures ne dorment dans des tiroirs comme bien certaines de ces mesures : interdiction du gaz butane comme source d’énergie par les taxis, interdiction de transport de passagers par les tricycles, État d’urgence sans effet sur les attaques terroristes, interdiction des sachets plastiques non-biodégradables et on en oublie.

Cependant quelle que soit sa volonté, le ministère du Commerce et ses brigadiers de contrôle à eux seuls ne peuvent réussir une telle opération tant que les Burkinabè n’y adhèrent pas. Aussi, les gouverneurs des régions, les Hauts-commissaires et les maires des communes doivent faire siennes ces mesures dont l’application effective sur le terrain leur revient. On se rappelle qu’un maire de commune dans le Sanguié avait pris la décision interdisant la consommation de ces alcools dans sa commune. Il avait été bien applaudi. C’est dire combien cette mesure ministérielle est la bienvenue.

Quand on considère la plupart des kiosques et autres débits de boisson, on n’y vend que ces alcools frelatés. Que ce soit dans les villages ou même en ville. Ce sera l’occasion de règlementer, pour de bon, la vente des boissons alcoolisées dans ces lieux qui sont plutôt devenus des lieux d’empoisonnement que de distraction. On ne peut bâtir une nation prospère dans un tel désordre.

Dabaoué Audrianne KANI



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