Attaques terroristes, si les rencontres pouvaient

13/09/2019
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Les chefs d’Etat du G5 Sahel vont se rencontrer, conjointement avec ceux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Ouagadougou sur l’insécurité et la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans la sous-région de façon générale. Car, ceux qui pensent que ça n’arrive qu’aux autres ont compris qu’après justement les autres, c’est leur tour. Autant anticiper. Tant mieux car, le terrorisme est tel un ver qu’il ne faut pas le laisser entrer dans le fruit.

Bref ! Contre le terrorisme, si les rencontres pouvaient, on n’en parlerait plus. Rencontres au sommets des chefs d’Etat, rencontres des ministres des Affaires étrangères, rencontres des chefs d’Etat major des armées des pays concernés, rencontres des experts : toutes sortes de rencontres au nom de ce G5 Sahel qui ressemble à un serpent de mer, ont été tenues autour de l’insécurité et de la lutte contre le terrorisme. Malheureusement, depuis qu’elles se tiennent, non seulement le G5 Sahel lui-même peine à être opérationnel, mais pire les attaques se multiplient dans la zone avec leurs lots de souffrances pour les populations.

La volonté politique des chefs d’Etat de mutualiser les forces à travers ce mécanisme de lutte contre le terrorisme est indiscutable. Elle s’exprime de plus en plus fortement. Malheureusement, à elle seule, elle ne suffit. Le G5 Sahel n’est pas seulement des armées et des hommes. C’est aussi et surtout des moyens financiers et de matériels militaires lourds et sophistiqués. Ce que les pays membres n’en ont pas. Les démarches ou du moins les aumônes auprès des pays riches et puissants du monde n’ont pas manqué. Mais, on a l’impression que ces derniers soit ils ne croient pas suffisamment au G5 Sahel dans son format tel qu’il est, soit ils n’ont pas la volonté de lutter contre l’insécurité telle qu’elle se manifeste dans la zone sahélienne. À moins, constant que leurs intérêts ne sont pas menacés, ils se préoccupent moins.

Aussi, au plus haut niveau on doit donc comprendre que la lutte contre le terrorisme et son corollaire d’insécurité ne peut qu’être endogène. La solution ne viendra pas d’ailleurs. Qu’elle soit politique, économique, sociale ou même culturelle, la solution contre le terrorisme et l’insécurité de façon générale se trouve entre nos mains, ici dans la zone sahélienne.

Quand on dit que les terroristes ne revendiquent rien, on a envie de dire que ce n’est pas juste. Car, le terrorisme n’est pas sorti du néant. Il a des sources, des raisons. À dire que si on s’attaque véritablement à ses sources, on pourrait trouver la solution. C’est sans doute simpliste, mais c’est une possibilité. Il ne sert à rien de se lamenter et d’en vouloir aux autres alors qu’on n’a pas exploré toutes les pistes qui sont à notre disposition.

Tant qu’ils ne s’attaquaient pas à nous, les terroristes étaient nos frères avec lesquels on partageait un certain nombre de valeurs. Si du coup, cela n’est plus le cas, c’est qu’il y a eu des malentendus entre frères. C’est cela qu’il faut trouver et régler. La guerre oui, mais la discussion aussi.

Dabaoué Audrianne KANI



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