On a marché puis on s’est fouetté : maintenant on fait quoi ?

18/09/2019
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La police a réprimé la marche de l’Unité d’action populaire parce que le gouvernement a estimé qu’elle était illégale car ne remplissant pas les 15 jours de délais francs pour l’organisation et la tenue d’une telle manifestation. Ainsi, Bassolma Bazié et ses camarades ont goûté aux gaz lacrymogènes anti-manifestants. On dira qu’ils ont eu ce qu’ils cherchaient puisqu’ils étaient bien conscients que le gouvernement n’allait pas laisser la marche se tenir. À moins que ce soit l’effet qu’ils recherchaient.

Pour sa part, le gouvernement peut se targuer d’avoir fait respecter son autorité. Au moins une fois en passant. L’essentiel est que cela soit ainsi pour le reste. Autrement dit, il a intérêt à ne plus laisser fouler aux pieds les lois de la République, par qui que ce soit au risque d’être considéré lui-même d’incapable et de laisser-aller.

Deux jours après la marche, avec le recul, on pourrait dire que chacun a fait le boulot qui était le sien en fonction des raisons qu’il s’est données. Maintenant, chacun connaît les forces et les faiblesses de l’autre.

Cependant, le moins que l’on puisse dire est qu’on aurait pu épargner les Burkinabè d’un tel spectacle au moment où l’insécurité est dans nos murs. En outre, dans ce contexte où on demande à tous les Burkinabè de se retrouver autour de l’essentiel pour défendre le pays, avait-on besoin de se pourchasser dans les rues pour se faire entendre ou pour dire qu’on a la loi avec soi ? Certainement que non. Car les responsabilités qui nous appellent sont plus grandes que tout cela.

On aurait pu dire qu’autant que le gouvernement, les organisations syndicales ont abandonné le fonds du dossier pour se contenter de la forme. Autrement dit, après tout ce bruit, on est obligé de se retrouver autour de la table pour discuter et trouver des solutions aux problèmes qui sont posés et qui n’ont pas bougé d’un iota.

Mais, à voir de près le perdant dans tout cela c’est le gouvernement qui, tout compte fait sera toujours désigné responsable de toutes les difficultés que connaissent les Burkinabè. Et c’est ce que les organisations syndicales et de la société ont dénoncé.

Si le pays est en insécurité, ce n’est certainement pas de la responsabilité des populations de trouver en premier ressort des solutions. Mais le gouvernement qui est élu pour ça. Si les conditions de vie et de travail ne sont pas remplies, il revient au gouvernement dans un premier temps de trouver des solutions. Les organisateurs des manifestations du 16 septembre qui n’ont pas choisi la date au hasard, dénoncent des entraves aux libertés syndicales et démocratiques. C’est du ressort du gouvernement de garantir ces libertés.

Bassolma et ses camarades qui ont fait de la provocation semblent avoir réussi leur coup. À la fois médiatique et populaire car, tout compte fait, cette manifestation les remet en selle. N’ont-ils pas dit que le gouvernement a apporté de l’eau à leur moulin ?

Dabaoué Audrianne KANI



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