Police nationale, il y a quelque chose qui ne va pas

19/09/2019
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Les signes, depuis longtemps et particulièrement ces derniers temps, au sein de la police nationale, montrent qu’au sein de la troupe, il y a des problèmes. On pourrait même croire que le moral des éléments est atteint. D’abord, les deux organisations syndicales au nom du même corps est la preuve que les policiers burkinabè ne parlent pas le même langage ou du moins, in fine, ne défendent pas les mêmes objectifs. Même si les préoccupations, de façon globale, sont les mêmes. Aussi, était-il nécessaire d’avoir deux syndicats pour parler au nom des policiers ? Certainement que non!
Ensuite, visiblement la police nationale, à travers leurs deux organisations syndicales reproche beaucoup de choses à leur hiérarchie. Il n’y a qu’à consulter les points des plateformes revendicatives des deux organisations syndicales pour s’en convaincre. Quand des éléments, dans leur ensemble et leur hiérarchie ne parlent plus le même langage, il faut avouer qu’il y a problème. D’ailleurs, cette question ne date pas d’aujourd’hui. Les policiers ont toujours dénoncé le management pour ne pas dire le détournement de certaines de leurs primes. Du reste, c’est entre autres, ce que des policiers avaient dénoncé en son temps et qui a valu leur radiation des effectifs.

Enfin, les deux organisations syndicales de policiers dénoncent le manque d’équipement des commissariats et des détachements sur le théâtre des opérations de lutte contre le terrorisme. Le départ des éléments du commissariat de Djibo est un signe fort que les policiers, s’ils ne manquent pas d’équipements, en réclament pour mieux assurer leur mission. Malheureusement, la communication qui est faite en ce moment sur le départ des éléments n’est pas faite pour remonter le moral des policiers. Au contraire, on les expose. L’image de façon générale de la police en sortira bien ternie. Ce qui n’encouragera certainement pas les éléments.

La situation sécuritaire et nationale de façon générale appelle à plus de discernement et de gestion rigoureuse de tout ce qui peut constituer un quelconque motif de découragement. Il revient aux premiers responsables des différentes forces de défense et de sécurité de travailler à asseoir un climat favorable à l’engagement effectif des éléments sur le terrain. L’heure n’est donc pas à la division, mais plutôt à une cohésion sans faille.

Ce n’est pas parce qu’un policier a violé une jeune fille qu’il faut jeter en pâture toute l’institution police. Ce n’est pas non plus parce qu’il y a eu une bavure sur un fou que toute la police doit en être fautive ? La sortie du maire de Djibo dans les médias suite au départ des éléments de la police nationale n’est pas faite pour une collaboration renforcée entre les populations et l’ensemble des forces de défense et de sécurité. On ne peut aujourd’hui amadouer une partie des FDS et vilipender l’autre partie. La police, la gendarmerie, l’armée et les autres corps paramilitaires sont obligés de travailler, la main dans la main pour relever le défi de la lutte contre le terrorisme. Il faut travailler à ce qu’il en soit ainsi. Il n’y a pas d’autres solutions.

Dabaoué Audrianne KANI



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