Crise au CDP, Blaise Compaoré doit se décider

24/09/2019
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Aucun parti politique, si grand ou petit soit-il, ne se satisfait jamais quand il perd un militant. Quand ils sont nombreux et de grands militants comme c’est le cas du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti doit se sentir diminué. Cependant, si les premiers responsables du parti de l’épi et de la daba et les congressistes du 22 septembre sont arrivés à une telle décision d’exclure, de suspendre et d’avertir des militants, c’est certainement qu’ils n’en pouvaient plus.

La crise au sein du parti de Blaise Compaoré a sans doute assez duré et n’est certainement pas à sa fin. Le hic, est qu’elle est entretenue par des militants qui portent sur la place publique, et même devant la justice, les problèmes de leur parti qui pouvaient trouver des solutions à l’interne.

En effet, assigner son propre parti politique en justice pour des faits auxquels on a soi-même participé, peut constituer une faute grave. Vouloir également gripper le fonctionnement de son propre parti politique parce qu’on a d’autres choix, peut paraître comme une faute lourde, passible de sanction. Alors que manifestement, les dernières assignations devant le juge des référés visaient à faire suspendre tous les organes du parti. Ainsi, le CDP ne devrait pas pouvoir se choisir un candidat à la prochaine élection présidentielle. De même, il lui serait difficile de se choisir des candidats aux législatives et aux municipales. A qui tout cela devrait-il profiter?

Le bon sens qui devait animer tout bon militant de parti politique veut que, lorsqu’on n’est plus en phase avec l’idéologie et ce qui se passe dans un parti politique, on pose clairement à l’interne le problème. Et s’il n’y a pas de réponse adéquate, on quitte soit pour un autre parti politique, soit on crée son parti politique. Ce d’autant plus que la liberté d’association est garantie.

Il est évident que le CDP a perdu des militants et non des moindres. Mais, certainement qu’après analyse de la situation, il fallait qu’il en soit ainsi. Et c’est dans ces moments assez difficiles (c’est selon) pour le parti que le point de vue, ou mieux, la position de son fondateur et président d’honneur est très attendue. Car, elle permettra de clarifier et de légitimer une bonne fois pour toute la direction du parti et lui donnera toutes les coudées franches pour travailler. Parce que, la manière dont les choses se présentent, le silence ou tout simplement une position ambiguë de Blaise Compaoré est préjudiciable au parti. Il ne peut refuser à des militants d’un parti politique d’utiliser son image. Mais quand cette utilisation doit nuire au parti politique que lui-même a créé et en principe soutient, il y a quelque chose à recadrer. A moins que lui-même y soit pour quelque chose. Dans un cas, comme dans un autre, Blaise Compaoré gagnera à se prononcer officiellement.

En attendant, les exclus ont désormais la liberté de soutenir et de battre campagne pour leur champion, Kadré Désiré Ouédraogo. D’ailleurs, ils ont un cadre pour ça. Il reviendra aux électeurs de départager définitivement les deux camps aux prochaines consultations électorales.

Dabaoué Audrianne KANI



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