Lutte contre le terrorisme, le vers est-il dans le fruit ?

25/09/2019
00:00

A Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse, ce lundi 23 septembre 2019, l’Union nationale de la police (un syndicat) a dénoncé la rétention d’armes dont des policiers devraient être dotés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le Secrétaire général du syndicat n’a pas hésité à désigner la hiérarchie militaire allant jusqu’à dire que «vous voulez des preuves, nous sommes prêts à vous les donner». Si tel est vraiment le cas, c’est que la situation est assez préoccupante. On ne peut pas demander la collaboration de la population et de l’ensemble des forces de défense et forces paramilitaires, on ne peut pas non plus demander la cohésion et l’unité pour combattre le terrorisme et «refuser» de doter la police du matériel nécessaire indispensable pour réussir sa mission. Faut-il alors comprendre pourquoi, disions-nous, il y a de la démotivation au sein de la police nationale? En tout cas, si ce n’était pas encore le cas, avec cette sortie de l’UNAPOL, on peut bien dire qu’il en est ainsi.

Et quand on ajoute à cela les déclarations du maire de Djibo qui, dans une interview dans la presse, accuse des policiers de viol et d’avoir tué un fou qui n’avait que pour seul moyen de défense ses jambes, et qu’en plus ils sont auteurs de plusieurs autres actes comparables à des bavures dans la ville, il vient ainsi jeter le discrédit sur toute une institution. Alors qu’on a besoin d’elle pour lutter efficacement contre le terrorisme.

A Dédougou, ce sont de jeunes militaires qui accusent leur chef de corps de complicité parce qu’ils auraient trouvé dans les contacts d’un téléphone abandonné par des présumés terroristes, le numéro de téléphone de celui-ci. Si on ajoute à ce malaise, la sortie de jeunes soldats le 23 août dernier à Ouagadougou au cours de laquelle ils ont empêché l’accès au camp militaire Guillaume Ouédraogo, on peut dire que la coupe est pleine. Car, là aussi, il y a comme une sorte de cassure entre la base et la hiérarchie.

Tout comme ce qui se passe au sein de la police nationale, on aurait bien voulu se passer de cette situation au sein de l’armée. C’est dire qu’il faut travailler très rapidement, si ce n’est déjà fait, pour recoller les morceaux et ramener la sérénité au sein des troupes militaires, policières et ensuite entre militaires et policiers.

Le Burkina Faso dans le contexte actuel n’a pas du tout besoin d’une telle situation. Sinon, on donnera encore raison aux terroristes qui, ainsi, sont en train de gagner un autre combat. Celui de la division de nos forces de défense et de sécurité.

Heureusement qu’à chaque étape, il y a toujours des bonnes volontés et des personnes engagées pour ramener les choses dans leur proportion normale. Le Burkina Faso n’avait-il pas dit quelqu’un connaît une crise de croissance à l’issue de laquelle, il sera certainement plus fort. Pour toujours.

Dabaoué Audrianne KANI



21
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Ils ont définitivement tué et enterré Thomas Sankara

Quand on observe de près les manifestations qui sont organisées pour commémorer les dates anniversaires de Thomas Sankara, ancien président du Burkina ...

16/10/2019

Etat-Secteur privé, et pourtant ça bouge !

A écouter les discours prononcés à la cérémonie d'ouverture de la rencontre Etat-secteur privé, rebaptisée Cadre de concertation et de dialogue Etat/Se...

15/10/2019

Blaise Compaoré crée plus de problèmes à son parti

Blaise Compaoré tout simplement n'a pas résolu la crise qui oppose Eddie Komboïgo et la direction du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et...

14/10/2019

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





11:01:21