Rentrée des classes 2019 : Focus sur le Lycée de Dô au secteur 23

02/10/2019
00:00

Le 1er octobre dans le milieu éducatif, est consacré à la rentrée scolaire dans les établissements publics et privés et universités du Burkina Faso. C’est le moment où les élèves, les enseignants et les étudiants reprennent le chemin de l’école après les congés. Si dans certains établissements, la rentrée des classes rime avec enthousiasme et hâte, on ne peut dire autant au Lycée de Dô. Le constat dans cet établissement le 1erjour de la rentrée.

Extrait du livre de lecture de la classe de CE1 du Burkina Faso : «Demain les enfants reprennent avec joie le chemin de l’école…» Ce passage ne s’applique malheureusement pas aux 700 élèves et aux enseignants du lycée de Dô. Et pour cause, la rentrée des classes ou l’accès au lycée est une corvée pour ces derniers car les infrastructures éducatives qui abritent le lycée sont traversées par de grands fossés non aménagés. Rendant son accès difficile. Cette situation, les élèves et le corps enseignant la vivent chaque année.Situé dans le quartier «Bolibana» au secteur 23 de l’arrondissement n°2 de la commune de Bobo-Dioulasso, le lycée de Dô est difficilement accessible tant pour ses élèves et enseignants que les personnes extérieures. «Le lycée n’est pas accessible. C’est une zone accidentée. Nous avons alerté la communauté éducative, les autorités politiques, coutumières, religieuses. Quand il pleut, il faut attendre deux ou trois heures avant d’accéder au lycée. Et quand on est au lycée, on ne peut plus ressortir», soupire le proviseur du Lycée, Oumar dit Ouinteni Ouattara, par ailleurs professeur de Sciences physiques de formation. Qui ajoute avoir formulé une demande d’autorisation auprès du maire de l’arrondissement n°2 depuis avril 2018 pour implanter des panneaux de signalisation pouvant guider toute personne étrangère au lycée d’y accéder facilement. Assurance lui a été donnée par le maire pour lui accorder cette autorisation. Mais, hélas! Jusqu’à nos jours, «je n’ai pas reçu d’autorisation pour implanter mes plaques», nous a-t-il confié. Car, le lycée est caché derrière des concessions et par des arbres tout autour.

En plus des difficultés d’accessibilité, le lycée qui se trouve être un établissement public, souffre de la faiblesse des recettes. Omar dit Ouinteni Ouattara ajoute: «Les frais de scolarité sont en train de baisser progressivement pour tendre vers la gratuité de l’éducation en 2021. (Un admis officiel paie entre 27050 et 30050 FCFA). Ce montant englobe les frais APE, de scolarité, de la tenue scolaire, de l’assurance et le parking. Alors que les capacités d’accueil des salles de classes sont de 70 élèves par classe pour le post-primaire et 60 pour le secondaire. Etmalgré la forte demande de la population, cette année, on n’a pas pu recruter ni en 6ème, ni en 5ème ni en4ème et en 3è parce que les classes sont déjà pleines sans recrutement». Dans les classes de 5e de 4e et de 3eon se retrouve avec respectivement 96 élèves, 95 élèves et 77 élèves.

Un autre constat fait dans ce lycée est le manque d’espace pour les cours d’Education physique et sportive (EPS). Un seul terrain de sport non réglementé pour 700 élèves et qui, de surcroit ne peut pas servir pour les courses de vitesse (100 mètres plat). L’administration, pour faire face à la situation a laissé entendre qu’elle a sollicité l’aide des responsables du CSPS (situé à quelques mètres du lycée) pour que les élèves puissent exploiter le terrain du CSPS dans le cadre des cours d’EPS. Le proviseur du lycée s’est dit gêné par cette situation.

Des élèves s’expriment

Les nouveaux élèves en classe de sixième n’ont pas d’expériences sur les conditions du lycée. Pour eux, l’heure est à un changement d’école et c’est l’enthousiasme pour le lycée qui prime.

Bintou S. Dao, élève en classe de 6è

«On a recopié l’emploi du temps et je suis contente. Je veux devenir une infirmière plus tard pour soigner les gens.»

Bala Mohamed Sanogo

«Depuis le matin, on a recopié l’emploi du temps. Je suis content d’être en sixième. Je veux devenir instituteur pour apprendre aux gens à lire et à écrire.»

Issa Zon, élève en classe de terminale D

«Je fréquente le lycée depuis la classe de 2nd. Avec les fossés, on rencontre beaucoup de difficultés. Surtout pendant la saison pluvieuse. On a des petits frères qui sont en 6è, c’est vraiment compliqué. Un fossé se trouve même à proximité du bâtiment qui abrite l’administration. Aussi, on n’a pas un bon terrain pour jouer au foot ou pour faire les activités d’EPS».

Nabaloum Sougrinooma Aïcha, élève en classe de terminale D

«Je suis au lycée de Dô depuis ma classe de 5ème. Nous rencontrons beaucoup de difficultés. Souvent, on se demande s’il y a un maire à *Bolibana ici. Les professeurs et les élèves partagent les mêmes difficultés pour accéder au Lycée. On interpelle nos autorités de prendre en compte la situation du lycée pour mettre les élèves dans les bonnes conditions d’apprentissage»

Fatimata BELEM

*Bolibana (en langue dioula): nom de quartier (la course est finie)


16
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Ils ont définitivement tué et enterré Thomas Sankara

Quand on observe de près les manifestations qui sont organisées pour commémorer les dates anniversaires de Thomas Sankara, ancien président du Burkina ...

16/10/2019

Etat-Secteur privé, et pourtant ça bouge !

A écouter les discours prononcés à la cérémonie d'ouverture de la rencontre Etat-secteur privé, rebaptisée Cadre de concertation et de dialogue Etat/Se...

15/10/2019

Blaise Compaoré crée plus de problèmes à son parti

Blaise Compaoré tout simplement n'a pas résolu la crise qui oppose Eddie Komboïgo et la direction du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et...

14/10/2019

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





11:02:47