Terrorisme, visiblement la solution n’est pas pour demain

04/10/2019
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Il y a des moments où on a tendance à croire que nos Forces de défense et de sécurité sont venues à bout des terroristes. Malheureusement, quand on le pense, le lendemain une attaque ou des déplacements massifs de populations qui «cherchent leur nez» viennent nous rappeler que les terroristes sont toujours à nos portes et que la lutte est loin d’être gagnée. C’est dans ce sens qu’il faut sans doute comprendre cette déclaration de la Fédération des églises et missions évangéliques du Burkina (FEME) qui exhorte expressément la communauté internationale d’intervenir au Burkina avant que le pays «ne tombe dans le chaos». Extraits.

«La recrudescence des attaques terroristes dans les régions nord du pays a forcé plusieurs églises à fermer leurs portes. Les pasteurs et leurs fidèles ont dû quitter ces zones difficiles pour se réfugier dans les grandes communes, ou villes, qui semblent sécurisées».

«Jusque-là, les terroristes s’attaquaient essentiellement aux symboles de l’État, aux forces de défense et de sécurité. Mais au fil du temps, ils s’en sont aussi pris à des civils. Depuis quelques mois, les églises sont devenues leurs nouvelles cibles, et nous déplorons déjà des pertes».

«Tout le Nord du pays est affecté, et on observe que les djihadistes descendent par l’Est et par l’Ouest vers le sud».

«[Cette menace] a créé un phénomène de déplacement des populations. On parle aujourd’hui de plus de 2000 écoles fermées – avec 300000 élèves qui se retrouvent sans rentrée des classes – et de 289000 personnes qui ont été contraintes de quitter leurs foyers, d’après les Nations unies».

«Dans ce contexte, [elle] appelle le gouvernement et tous les acteurs politiques à accroître la sécurité dans les régions du Nord du pays», précise la Fédération évangélique, avant d’exhorter encore la communauté internationale «à apporter une aide humanitaire conséquente aux déplacés pour répondre à l’ampleur de la crise» et à «soutenir l’action des pays du G5 Sahel pour leur permettre de coordonner les politiques de développement, de lutte contre le terrorisme et pour la sécurisation de leurs frontières».

A l’inverse, il y a des voix discordantes, et parfois au plus haut niveau, qui ne veulent pas entendre parler de présence de forces étrangères dans nos pays. Estimant que ceux-ci sont capables de venir à bout du phénomène. En oubliant effectivement que c’est parce que nous manquons de moyens financiers, matériels et de formation en la matière que les terroristes gagnent chaque jour que Dieu fait du terrain.

A voir de près, le phénomène du terrorisme, qui tend à devenir une mode est une question beaucoup plus grave que l’on ne l’imagine. C’est pourquoi, il faut de suite dépassionner les interventionssur le sujet, s’entendre sur l’essentiel et aller au front. Parce qu’on a l’impression que certains Burkinabè n’ont pas encore pris la mesure exacte de la situation. Qui peut remettre en cause du jour au lendemain, tous les efforts qui sont faits jusqu’à présent et ce, dans tous les domaines. D’où la nécessité d’agir, sincèrement.

Dabaoué Audrianne KANI



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