Terrorisme au Nord, que peut-on encore faire ?

07/10/2019
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Apparemment, malgré ceux qui disent que nos Forces de défense et de sécurité remportent des victoires sur les terroristes au Nord, ceux-ci ne s’avouent pas vaincus. Au contraire, la fin de chaque semaine constitue des occasions pour eux de venir faire des morts dans les mêmes zones connues comme zones à risques et repartir. À voir de près, on peut dire que nos FDS, malgré leur engagement et leur détermination, ont des difficultés à venir à bout (en tout cas pour l’instant) de ces fous de la mort.

De son côté, la force du G5 Sahel qui n’arrive pas à mobiliser la communauté internationale autour d’elle, n’y peut rien. Apparemment. Au Mali, elle subit de temps en temps les assauts des terroristes qu’elle n’arrive pas à endiguer. Quant à la communauté internationale (la même) elle semble avoir abandonné les pays du Sahel qui se retrouvent pratiquement seuls à lutter contre un ennemi qu’ils ne connaissent pas.

En effet, sur le terrorisme au Sahel, on a envie de se poser la question de savoir ce qui n’a pas encore été dit, fait et refait. Que reste-t-il encore à faire ? La dernière trouvaille, c’est celle de populations victimes qui ont décidé ce week-end d’organiser la résistance populaire. Car, elles n’en peuvent plus de compter des morts et de fuir leurs localités. Elles veulent rester chez elles, jouir de leur nationalité et de leur droit au sol où ils sont nés et ont grandi. On ne peut pas leur refuser ce droit qui paraît élémentaire.

Seulement, en décidant d’organiser la résistance, même auprès des Forces de défense et de sécurité, il faut craindre, car cette résistance pourrait conduire à des dérives. Comment va-t-elle s’organiser et s’exécuter concrètement sur le terrain ? Qui la conduit et vers quel adversaire est-elle destinée ? Les résistants ont-ils les moyens matériels et financiers pour organiser leur affaire ? On a demandé aux populations des zones concernés et celles qui le sont moins de collaborer par le renseignement. Si cela était effectivement fait, il est presque sûr que si le terrorisme n’avait pas pris fin, il serait réduit à sa plus simple expression. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Aujourd’hui donc, en décidant d’organiser la résistance, les populations semblent vouloir porter la responsabilité de l’échec sur les épaules des seules forces de défense et de sécurité. Ce qui n’est pas le cas : nous sommes tous responsables de ce qui nous arrivent aujourd’hui.

Les terroristes ne viennent pas d’ailleurs. Ils sont dans les villages et zones concernées, ils vivent avec nous et connaissent bien nos habitudes. Il n’est pas exclu qu’il y ait des populations qui collaborent avec eux et qui leur donnent toutes les informations sur les positions des forces de défense et de sécurité. Une résistance populaire peut paraître comme une solution, mais en réalité elle peut comporter plus de risques et de dérives qu’on ne peut l’imaginer, si elle est mal coordonnée.

Malheureusement, si les populations en sont arrivées à là, c’est parce que les autres acteurs n’ont pas pu.

Dabaoué Audrianne KANI



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