Dans quelle direction va alors le Burkina Faso ?

09/10/2019
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Les politiciens au pouvoir, leurs analystes et sympathisants disent que le Burkina Faso se porte bien. Selon certains, il ne s’était jamais aussi mieux porté malgré le contexte d’insécurité qu’il connaît depuis ce 15 janvier 2016, date de l’attaque «inaugurale» dans le pays. Pour les autres, dans l’opposition et dans certains cercles d’Organisations de la société civile, le pays «va mal» et même «très mal». Pour les contempteurs, il ne s’était jamais aussi «mal porté». Au regard du contexte d’insécurité, de déplacés internes massifs, d’écoles fermées, de mal-gouvernance, de manifestations tous azimuts et de grèves perlées, récurrentes et parfois «sauvages», ils sont convaincus que le pays va «mal». Mais au juste, dans quelle direction va d’ailleurs le pays des hommes intègres?

La question mérite d’être posée quand on analyse au fond la situation socio-économique et politique du pays. Sur le plan politique, les Burkinabè se demandent si le calendrier politique, tel que prévu par la Constitution pourra être respecté. Et sur ce point précis, on est dubitatif dans l’opposition parce que, effectivement, l’insécurité et le déplacement massif des populations des zones ne sont pas de bons signes pour le calendrier électoral. Car, il sera difficile, voir inconcevable d’organiser des élections dans un pays en proie à l’insécurité et où les préoccupations des populations sont loin des joutes politiques. Par contre, pour les autres, cette situation ne peut en aucun cas justifier le report d’élections, qu’elles soient présidentielles, législatives ou municipales. Comme quoi, «même si c’est avec une partie du pays, on ira aux élections», semblent-ils dire. En tout cas, les acteurs politiques ne semblent pas suffisamment préoccupés par ce contexte. Chacun fourbissant ses armes…politiques de son côté.

Sur le plan socio-économique, le gouvernement semble avoir fait le dos rond. N’est-ce pas pour cela que le Premier ministre, au cours de l’Assemblée générale du Bureau politique national du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avait-il déclaré que «nous n’accepterons pas de revendications qui mettent en péril l’Etat»? Advienne que pourra, semble, lui aussi, dire. Alors que pratiquement le pays est au ralenti au regard du nombre de «mouvements d’humeur» qu’observent en ce moment des catégories professionnelles de travailleurs.

Pendant ce temps, les travailleurs de l’Information et de la Communication sont en «mouvement d’humeur» et ne travaillent plus que selon les heures officielles de la Fonction publique. Cela dure depuis bientôt deux mois. Les travailleurs de la Santé humaine sont dans la même dynamique. Entre grèves et mouvements d’humeur, ils alternent tout. Si bien que les soins de santé ne sont plus correctement donnés dans les Centres de santé, même si le Syndicat des médecins du Burkina dit le contraire.

Entre vérités pour les uns et contre-vérités pour les autres, on ne sait plus qui dit la vérité. Ballotant ainsi le peuple dans une situation qu’il ne maîtrise pas bien. Alors que les Burkinabè ont besoin d’une vision claire de là où ses dirigeants les mènent. Et ce, dans tous les domaines.

Dabaoué Audrianne KANI



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