Défit stratégique des entreprises burkinabè : Intégrer le “made in Burkina” à l’international d’ici 2025

15/10/2019
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La Communication introductive des assises, portant sur «les stratégies d’intégration des entreprises burkinabè dans les chaînes de valeurs nationales, régionales et internationales», a été présentée par Dr NDZEOGOUE Bernard Alain, pour le compte du Cabinet YONS Associés. Pour cet Expert en développement du secteur privé, il s’agit d’un problème d’économie industrielle: à partir d’un seuil de transformation, réussir à vendre de plus en plus de nos produits sur le marché étranger. Les acteurs du secteur privé demandent un meilleur accompagnement à l’Etat pour atteindre cet objectif à leur niveau!

Le Burkina s’est fixé pour objectif d’avoir un taux de transformation industrielle de 25 pour cent d’ici 2025. Comment donc transformer de plus en plus de nos produits pour les vendre à l’international? Telle est la question principale de cette thématique! Le but de cette introduction aux débats a été de faire le diagnostic sur l’état des lieux, pour savoir où se situe le Burkina Faso d’aujourd’hui par rapport à cet objectif. Et sur cette base, émettre un ensemble de propositions et de recommandations relativement à ce que l’Etat, la chambre de commerce et le secteur privé doivent faire pour y parvenir. De façon concrète, il faudrait examiner la situation de chaque produit selon son importance. A titre d’exemple, pour l’anacarde, le Burkina est le troisième pays producteur de cette denrée en Afrique. Pour le Karité, nous sommes deuxième, la côte d’Ivoire tenant la première place. Quant au bétail-viande, le Burkina-Faso est certes premier, mais la transformation demeure artisanale en la matière. Il faudra davantage moderniser ce secteur pour en dégager toute la valeur marchande et intéresser les exportations. Par ailleurs, une coopération entre états s’avère nécessaire pour certains produits comme l’oignon, dont le Burkina est un bon producteur, mais pas autant que le Niger qui est champion sur ce plan…En matière de commerce international, l’intégration africaine s’avère nécessaire! C’est dans ce contexte que le «made in Burkina» doit être développée comme marque de produits burkinabé, pour leur donner une personnalité sur le plan international, un statut, une présentation vendable. De sorte qu’on puisse les voir et dire avec satisfaction«ça, c’est un produit du Burkina». Cela doit se faire dans le cadre d’une coopérationinter africaine ou sous-régionale: voir ce que le Burkina peut faire avec d’autres pays africains pour mieux vendre ses produits. Si par exemple le Burkina produit plus de tomates que le Ghana, mais que le Ghana transforme mieux ce produit, les deux états doivent coopérer dans un partenariat Ghana-Burkina pour la transformation de concentré de tomate! Dans un tel cas de figure, les investisseurs viendraient investir dans la production au Burkina, alors que pour ce qui est de la transformation, ce sera à Accra! A cela, s’ajoute la question des infrastructures. Pour vendre à l’étranger, il faut transporter. Quand les routes ne sont pas bonnes et les chemins de faire ne sont pas compétitifs, les couts des facteurs de production deviennent trop élevés et les produits reviennent très chers sur le marché international!

Les acteurs privés demandent plus d’accompagnements à l’Etat…

Pour plus d’efficacité du rôle économique du secteur privé et pour plus de compétitivité du produit burkinabé au plan national, régional et international, les acteurs dudit secteur ont formulé des souhaits et recommandations au gouvernement sur les préoccupations qui n’ont pas trouvé réponses satisfaisantes au cours des rencontres sectorielles liées au thème central des présentes rencontres. Conseiller spécial du Président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Burkina Faso et deuxième Vice-président du Patronat burkinabé, Monsieur Idrissa Nassa, PDG de Coris Bank s’est ainsi réjoui au nom du monde des affaires au Burkina, de la constance du dialogue entre les deux parties (gouvernement-secteur privé) en mettant l’accent sur le rôle du gouvernement comme régulateur du secteur économique. Il a toutefois souhaité l’accroissement des actions d’accompagnement des entreprises par l’ensemble des institutions d’appui au secteur privé et l’amélioration de l’environnement institutionnel, réglementaire et légale de l’investissement. Tout comme la facilitation de l’accès au financement des PME; l’initiation, le soutien et la création de partenariat stratégiques entre les entreprises étrangères et nationales. Autres préoccupations soulevés par le porte-parole du monde des affaires à cette cérémonie d’ouverture des assises Gouvernement-Secteur privé: « la mise en place de mesures spécifiques d’accompagnement du secteur privé de la santé et de l’éducation, l’appui à l’organisation des acteurs locaux pour faciliter la création de chaines de valeur, le renforcement des compétences managériales et techniques des dirigeants de PME, le transfert effectifs des pouvoirs de décision au niveau local dans le cadre du processus de décentralisation et de déconcentration des services de l’Etat afin de facilité l’émergence du secteur privé local, le développement du fret aérien à Bobo-Dioulasso….». A cela s’ajoutent le cout élevé des facteurs de production, la disponibilité et les couts de l’énergie, le poids de la fiscalité sur les entreprises formelles, la concurrence déloyale…. Autant de soucis à évacuer à l’issue de ces deux jours de travaux intensifs!

Sibiri Sanou



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