Ils ont définitivement tué et enterré Thomas Sankara

16/10/2019
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Quand on observe de près les manifestations qui sont organisées pour commémorer les dates anniversaires de Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso assassiné le 15 octobre 1987, on se rend compte qu’ils ont définitivement tué et enterré Thomas Sankara. A l’analyse, il ne reste plus que le procès non encore tenus et aboutis sur les conditions de l’assassinat du père de la Révolution burkinabé. Si ce procès avait eu lieu, on se demande s’il resterait encore quelque chose à retenir de Thomas Sankara. Ou du moins si ceux qui se réclament, à hue et à dia, auraient encore quelque chose à faire et à dire. D’ailleurs, tous les partis politiques qui ont vendu son nom pour se faire de la place aujourd’hui au soleil, ne représentent plus rien. Ils ne vivent que du seul nom de Thomas Sankara. Beaucoup d’entre eux ont oublié ou ne savent même plus ce que défendait le Capitaine Thomas Sankara comme idéaux. Si bien que la mémoire de Thomas Sankara n’est aujourd’hui perpétuée que par des jeunes qui le connaissent pour certains à peine, et d’autres pas du tout. Et pourtant, Thomas Sankara, c’est toute une philosophie. Quand on écoute ou relit certains de ses discours, on se rend tout de suite compte qu’ils sont toujours d’actualité; pour ne pas dire plus que cela.

Dans le domaine de l’éducation, puisque nous sommes en début d’année scolaire, Thomas Sankara disait dans le discours d’orientation politique, prononcé le 2 octobre 1983 ceci: «l’éducation révolutionnaire qui sera dispensée dans la nouvelle école devra inculquer à chacun une idéologie, une personnalité voltaïque qui débarrasse l’individu de tout mimétisme. Appendre aux élèves et étudiants à assimiler de manière critique et positive les idées et les expériences des autres peuples, sera une des vocations des écoles dans la société démocratique et populaire».

Pour ce qui concerne l’analphabétisme, puisque les deux vont ensemble, il disait: «Pour arriver à bout de l’analphabétisme et de l’obscurantisme, il faudra mettre l’accent sur la mobilisation de toutes les énergies en vue de l’organisation des masses pour les sensibiliser et créer en elles la soif d’apprendre en leur montrant les inconvénients de l’ignorance».

Qu’en est-il aujourd’hui? L’école burkinabé forme-t-elle les hommes qu’il faut pour amorcer véritablement le développement et assurer l’avenir du pays? On peut en douter car malheureusement, il s’agit beaucoup plus de mimétisme que d’inculquer une idéologie ou une personnalité burkinabé. On copie et on met mal en œuvre les expériences et les idées des autres au lieu de les critiquer positivement. Le Burkinabé d’aujourd’hui est plus pressé d’arriver au sommet que de passer par le processus indispensable de l’apprentissage. Le Burkinabé, l’homme intègre que prônait Thomas Sankara et la Révolution, l’est-il encore? Là aussi, on peut bien en douter. Auquel cas, la corruption, le détournement des deniers publics et l’avidité du gain facile auraient disparus. De Sankara, en vérité, il ne reste que le nom. Pour continuer à profiter des dividendes qu’il peut encore procurer. Honte!

Dabaoué Audrianne KANI



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