Une fois au pouvoir, ils oublient et veulent rester

17/10/2019
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Qui aurait cru qu’une fois au pouvoir, Alpha Condé allait avoir des intentions de réviser la Constitution de son pays pour briguer un troisième mandat alors que celle-ci le lui interdit? Même si pour l’instant on lui prête ces intentions parce qu’il ne les a pas encore déclarées publiquement, on peut dire que c’est l’intéressé et ses soutiens qui ont prêté le flan. Par conséquent, ils sont beaucoup plus responsables des manifestations et des conséquences qui s’en sont suivies: pertes en vies humaines, blessés et dégâts matériels…

D’ailleurs, pourquoi a-t-il ouvert un débat sur la révision de la Constitution à la veille de la fin de son mandat? Pourquoi n’avoir pas non plus, de façon très concrète et face aux Guinéens, défini les articles de la Constitution à réviser si toutefois son intention n’est pas de rester encore au pouvoir pour un nouveau mandat? C’est avec les articles de la même Constitution qu’il a gouverné la Guinée pendant ses deux mandats, sans que personne ne se plaigne manifestement. La Guinée n’a-t-elle pas de préoccupations beaucoup plus importantes que la révision de la Constitution? Alpha Condé gagnerait, véritablement, à clarifier ses intentions et les projets qu’il a pour son pays à la fin de son mandat. Il peut bien réviser la Constitution et ne pas se présenter pour un troisième mandat.

Il est évident que face à une situation aussi floue que celle de la Guinée, l’opposition n’avait d’autre choix que de demander à ses militants de descendre dans les rues. Ne serait-ce qu’en signe de prévision. Car, au regard de ce qui s’est passé et se passe dans plusieurs pays africains où, une fois au pouvoir, les présidents oublient et veulent y rester, l’opposition guinéenne a décidé de prendre le taureau par les cornes.

Alpha Condé était, au moment où il était dans l’opposition, l’un des principaux défenseurs de la Constitution de son pays que Lansana Conté a fait réviser autant de fois qu’il voulait et qui lui a permis de rester aussi longtemps qu’il l’a voulu au pouvoir. Il a fallu la mort pour mettre fin à son règne.

En Guinée, il faut que l’opposition évite de tomber dans le piège du pouvoir qui consiste à faire sortir systématiquement les populations dans les rues pour des raisons non encore évidentes. Car, le peuple guinéen, à l’image d’autres peuples africains, ne voudrait certainement plus être à la solde de l’opposition ou du pouvoir qu’on utilise quand on veut pour arriver au pouvoir et assouvir ses intérêts. Autrement, qu’est-ce qui prouve qu’une fois arrivée au pouvoir, l’opposition actuelle ne ferait pas la même chose?

Du reste, la Guinée a des préoccupations de développement plus importantes et certainement plus pressantes que des manifestations dans les rues avec les conséquences que l’on sait. Il va falloir que le peuple guinéen sache effectivement que l’histoire du pays ne peut continuer de s’écrire à travers des manifestations. D’où qu’elles soient organisées.

Dabaoué Audrianne KANI



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