Mariage en pays goin : Arrêt sur un pan de la culture

18/10/2019
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Le Burkina Faso est un pays qui regorge de plusieurs ethnies et de cultures différentes. L’ethnie goin en est une. Les Goins, originaires de Banfora, Niangoloko, Tarfila, Soubaganiédougou…forment une grande famille et partagent une même culture pour les moments heureux. Le mariage, un moment de joie pour toute personne, est l’un des événements qu’on célèbre dans la culture goin.

Secteur 21, l’un des quartiers de Bobo-Dioulasso. Il est 16 heures. Assise en train de faire son petit commerce devant la porte, entourée d’enfants et de jeunes, Almatou Traoré accepte aimablement de nous expliquer comment se déroule le mariage chez les Goins.«Je suis une femme goin. Ce n’était pas simple d’avoir une fille de chez nous en mariage», dit-elle. «Autrefois, le futur marié devait faire des travaux champêtres pour honorer la dot.Avec l’évolution des temps, la tradition a été allégée pour faciliter les démarches. En effet, pour marier une femme de chez nous, la dot est composée de quatre à sept poulets selon les personnes. De nos jours, cela se substitue par un prix forfaitaire notamment dix mille francs pour le père et cinq mille francs pour la mère. En plus de cela, avant la cérémonie, le marié doit apporter un sac de maïs et de petit mil pour la préparation du «dolo». Pour mener à bien les festivités, la belle famille doit amener aussi douze complets de pagnes, des foulards, des plats, des marmites, des sceaux... Le jour même du mariage, les musiciens sont appelés pour faire danser la nouvelle mariée et les participants au son de leurs instruments», ajoute-t-elle. Notons que dans la culture goin, la mariée doit danser le«Tchébélé» (danse obligatoire pour la cause) avec un ensemble de cauris blancs. La mariée porte un petit panier dans les mains et des cauris attachés autour de la taille. Les balafonistes sont en place. Des personnes âgées sont conviées à mettre sur la tête de la mariée des cauris préparés pour l’occasion. Pour le bon déroulement de la fête, les vieilles portent la mariée sur la tête et font quatre tours de la place avec elle. Le «Tchébélé» est très important dans le mariage goin. Une fois les musiciens installés, l’ouverture de la danse se fait avec le père et la mère de la mariée. Les proches et la belle famille de la mariée doivent l’accompagner pour danser et lui donner de l’argent. Il est conseillé de faire attention pour que les cauris sur la tête ne tombent pas, car cela peut être un mauvais présage. Lors de la danse, la mariée peut se faire remplacer par une de ses sœurs en cas de fatigue. Elle termine par ces mots: «La danse continue jusqu’au petit matin». Le mariage chez nous est très festif».

Kadidia KONE/ Stagiaire



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