Blaise Compaoré et les deux camps inconciliables de son parti

21/10/2019
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La crise au Congrès pour la démocratie et le progrès n’est pas seulement une crise liée au fonctionnement du pays, mais elle est liée et certainement plus liée, à un problème de personne. Quand on écoute, lit et regarde certains agissements, elle est plutôt dirigée contre la personne d’Eddie Komboïgo et que contre le parti lui-même. Car, quand on les écoute, tout le monde se réclame du parti. C’est donc, à vrai dire si on doit leur croire, à corps défendant que certains (tels que Mahamadi Kouanda) ont été obligés de porter plainte devant la justice. Quand on lit également les diatribes de Léonce Koné en réponse à une lettre d’explication à lui donné par Eddie Komboïgo, on se rend tout de suite compte que c’est la personne du président du parti qui lui «plaît» pas. Alors que celui-ci a été légalement élu. Ce que tout le monde avait salué car c’est la première fois que dans un parti politique, on élit le président au cours d’un congrès. On comprend alors l’embarras qu’a eu le père-fondateur et président d’honneur du parti, Blaise Compaoré pour vouloir réconcilier les deux parties. Car, s’aurait été plus facile pour lui s’il s’était agi de non-respect des textes du parti. Alors que visiblement, ce n’est pas le cas.

Achille Tapsoba, vice-président du parti avait soutenu au cours d’une conférence de presse de retour d’Abidjan que «Blaise Compaoré ne nous a pas désavoués». Ce qui est vrai, au regard des textes du parti. Mais en demandant de «rapporter les sanctions», ce n’est pas un désaveu. Eddie Komboïgo, président du parti, à la rencontre avec les personnes vivant avec un handicap a dit que «nous allons les accueillir (ndlr: les sanctionnés) les bras ouverts». A cela, Mahamdi Kouanda a presque répondu quand il dit «que nous n’avons jamais quitté les rangs». Autrement dit, Mahamadi soutient n’avoir jamais été sanctionné. Car pour lui, «Eddie est trop petit pour le sanctionner».

Aujourd’hui, c’est au tour de Léonce Koné de donner de la voix devant les journalistes. Pour dire sa part de vérité. Très attendue. Car, tout compte fait, lui qui a conduit la délégation à Abidjan est revenu plus ragaillardi que jamais.

Finalement on se demande comment une telle crise peut-elle réellement trouver une solution lorsque les uns et les autres campent sur leurs positions ? C’est au regard de cette situation que beaucoup d’analystes avaient soutenu que Blaise Compaoré a plus créé de problèmes à son parti qu’il n’a apporté de solutions.

Même si un congrès venait à «rapporter» les sanctions, comment les deux camps pourront-ils encore travailler ensemble? En tout cas, ils sont allés assez loin dans les prises de positions qu’il leur sera difficile de voir les choses de la même manière. A moins que, Eddie Komboïgo, venait par hasard à mettre fin à toutes ses ambitions d’être le candidat du parti à la présidentielle de 2020. Ce qui n’est pas évident, mais n’est pas exclu. Puisque nous sommes en politique.

Dabaoué Audrianne KANI



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