Situation nationale, Simon Compaoré a raison

22/10/2019
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«Le peuple en a marre!», «les populations en souffrent». Tels ont été les propos de Simon Compaoré, président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), au cours d’un déjeuner de presse organisé le mardi 15 octobre dernier au siège de son parti. En sa qualité de président du parti majoritaire à l’Assemblée nationale et de ce fait au pouvoir, Simon Compaoré joue bien son rôle. Car, à sa place aucun président ne dira le contraire. Autant que Simon, les camarades de son parti et notamment le gouvernement n’en peuvent plus. Même le peuple dont il parle n’en peut plus face à certaines manifestations ou mouvements d’humeur.

En effet, même si on ne peut pas le dire avec preuves à l’appui, tout porte à croire que la situation politique et sociale telle qu’elle est depuis le début du mandat de Roch Marc Christian n’est pas faite pour lui permettre de travailler. La preuve la plus palpable est que, dès les premiers mois de son mandat, à peine avait-il nommé un gouvernement que la première attaque terroriste est intervenue au Burkina Faso. Et depuis, l’hydre terroriste a fait plus de 500 morts. Chaque semaine pratiquement, on enregistre des morts. Que ce soit dans les rangs des forces de défense et de sécurité ou au sein des populations civiles.

A peine Roch Marc Christian Kaboré avait-il débuté son mandat que les grèves, les manifestations, les mouvements d’humeur, dans presque tous les secteurs d’activités (publics et privés) ont commencé. Et depuis lors, ces mouvements se poursuivent. Paralysant ainsi le pays. Notamment sur le plan économique.

Si ce n’est pour empêcher le président de travailler, ça y ressemble. Si bien qu’on peut être d’accord avec Simon Compaoré. Les actions qui sont déjà engagées pour être satisfaites doivent se poursuivre. Par contre, si le gouvernement prend de nouveaux engagements, c’est à ses risques et périls. Sur la question Christophe Dabiré, le Premier ministre avait été clair: «j’ai instruit tous les ministres de ne plus prendre des engagements». Car, comme dirait Simon Compaoré, «à l’impossible nul n’est tenu».

Pour le paraphraser, voici un pays qui est persécuté par la nébuleuse terroriste. Voici un pays qui fait face à un probable drame humanitaire du fait des déplacés internes (environ un demi million). Voici un pays où les ressources se raréfient de plus en plus et où les populations sont confrontées à la faim.

Malheureusement c’est dans ce pays où, au lieu de se donner la main pour relever ces défis, la classe politique, les syndicats et les organisations de la société civile se battent pour la conquête du pouvoir. C’est dommage, et il faut une fois de plus être d’accord avec Simon Compaoré quand il demande de se retrouver autour d’un grand débat national incluant tous les acteurs. C’est une véritable lucidité politique et une ouverture d’esprit ? Car, il ne faut pas attendre que tout se gâte avant d’agir.

Dabaoué Audrianne KANI



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