CDP, ainsi Blaise Compaoré a recollé les morceaux

23/10/2019
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Ils sont unanimes, les deux camps à respecter les directives du fondateur, président d’honneur de leur parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). C’est ce qui est ressorti des conférences de presse organisées par les deux camps de la même mamelle du CDP. En effet, si l’on s’en tient à la conférence de presse du lundi 21 octobre 2019, les 22 sanctionnés sont prêts (comme l’a recommandé Blaise Compaoré) à rejoindre les rangs et à travailler pour la victoire du parti en 2020. Avant eux, la direction du parti avec Eddie Komboïgo avait aussi tenu sa conférence pour informer de son engagement à respecter les directives de Blaise Compaoré. Si tel est le cas, on peut tout de suite et sans hésitation dire que la crise est derrière nous au CDP. Mieux, si l’on en croit certaines sources Mahamadi Kouanda, l’intransigeant ou même récalcitrant militant aurait retiré toutes les plaintes qu’il avait portées contre le parti.

A voir donc de près, la balle se trouve dans le camp de la direction du parti. Mais, quand on écoute Eddie Komboïgo qui soutient que toutes les dispositions seront prises de façon diligente pour «rapporter» les sanctions, on ne doute aucun instant que tout rentrera très prochainement dans l’ordre. Pourvu que les deux parties puissent encore continuer de travailler ensemble. Et c’est là que se pose le vrai problème. Et ce d’autant plus que «les sanctionnés» continuent, ont-ils dit, de soutenir la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo. Bref, ce qu’on peut retenir, c’est que Blaise Compaoré a réussi (pour l’instant) à recoller les morceaux. Se plaçant ainsi comme la tour de contrôle de l’ex-parti au pouvoir. Pouvait-il en être autrement?

En effet, c’est en février 1996 que le CDP a été porté sur les fonds baptismaux par la volonté de Blaise Compaoré d’opérer un large rassemblement de tous les partis politiques qui épousaient son idéologie. Même certains qui n’étaient pas de son bord, ont rallié le navire. Tout simplement parce qu’il fallait que la classe politique se retrouve sur l’essentiel. Aujourd’hui encore, (même sans changer le nom du parti) on se rend tout de suite compte que c’est la même philosophie qui anime celui qui a dirigé pendant 27 ans le Burkina Faso.

Mais, là où il pourrait y avoir des difficultés, c’est que le Burkinabè de 2019 n’est plus le même que celui de 1996. Autrement dit, il sera difficile pour Blaise Compaoré de faire du neuf avec du vieux. Car, comme l’a dit quelqu’un, Blaise Compaoré a toujours une belle image au Faso. Mais, celle-ci ne peut prospérer que si véritablement elle est portée par la jeunesse. C’est d’ailleurs le véritable enjeu des prochaines consultations électorales qui voudraient que les jeunes et les femmes soient au-devant du processus. Tout simplement parce que le changement ne viendra qu’à travers ces deux catégories de personnes. Ce message est-il compris au CDP? Certainement, puisque nous sommes en politique.

Dabaoué Audrianne KANI



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