30 et 31 octobre, ces dates qui continuent de diviser les Burkinabé

30/10/2019
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Les dates des 30 et 31 octobre n’ont pas les mêmes souvenirs chez les Burkinabè. Si pour les uns ce sont de grands jours qui ont mis fin au régime de Blaise Compaoré et ouvert la voie à une transition politique qui a, à son tour permis une élection présidentielle avec ce qu’ils appellent l’alternance, pour les autres, ce n’est pas du tout le cas. Pour ces derniers, ce sont des jours de grands cauchemars pendant lesquels ils ont frôlé la mort, perdu tout. Ce sont aussi des jours qui resteront à jamais gravés dans la mémoire d’autres Burkinabè qui ont, à l’occasion, perdu des parents.

Ce sont donc ces jours que les uns et les autres n’apprécient pas de la même manière, pour ne pas dire qui les divisent, que les Burkinabè s’apprêtent à commémorer. Dans la sobriété la plus totale du fait de la situation sécuritaire nationale qui ne se prête pas à de grands rassemblements. Du reste, ce sont des dates inscrites dans l’histoire politique du pays.

En effet, on se rappellera toujours, comme le cas pour le 3 janvier 1966, que c’est pendant ces jours, précisément le 31 octobre que des Burkinabè ont opposé la résistance à la modification de l’article 37 de la Constitution. On se rappellera toujours que c’est ce jour-là que l’Assemblée nationale a été incendiée, que le palais de justice de Bobo-Dioulasso a été incendié de même que le bâtiment de la mairie de la ville. Le 31 octobre, c’est ce jour-là que Blaise Compaoré a démissionné du pouvoir et a été exfiltré et envoyé en Côte d’Ivoire où il vit depuis cinq ans. Le 31 octobre, c’est ce jour-là où des Burkinabè ont trouvé la mort parce qu’ils défendaient la Constitution.

Si le 3 janvier s’est imposé aux Burkinabè et est devenu un jour mémorable, le 31 octobre devrait pouvoir l’être. Pour ce faire, les Burkinabè devraient pouvoir transcender leurs égos, se réconcilier sur des bases plus saines et conduire ensemble leur pays vers des lendemains meilleurs. Si par le passé cela a été possible, aujourd’hui ça doit être davantage possible. Car, les plus grandes nations sont celles où les peuples ont réussi, par dessus tout, à se rassembler et à s’unir pour faire face à l’adversité.

Aujourd’hui, les Burkinabè ont un ennemi commun: le terrorisme. Qu’on soit de l’opposition, de la majorité présidentielle ou de la société civile, on fait face au terrorisme. Qu’on soit musulman, chrétien ou de religion traditionnelle, on fait face au terrorisme. Autrement dit, les terroristes ne font de distinction entre les religions et les partis politiques. Au contraire, dans leur quête d’opposer les uns et aux autres, ils donnent parfois l’impression que c’est une guerre qui oppose une religion à une autre, une classe politique à une autre. Comme on peut donc le constater, les 30 et 31 octobre devraient pouvoir rassembler les Burkinabè contre leur ennemi commun. Car, la lutte contre le terrorisme doit être remportée par tous. Rien pour cela.

Dabaoué Audrianne KANI



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