Forces armées nationales, la tête n’était pas à la fête

04/11/2019
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L’armé burkinabè a eu 59 ans le 1er du mois en cours. C’est sous le thème: «Union autour des Forces armées nationales dans la lutte contre le terrorisme». A l’occasion donc, comme on peut le comprendre, la tête n’était pas à la fête. Roch Marc Christian Kaboré, le chef de l’Etat, chef suprême des armées et Moumina Shérif Sy, son ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens combattants, qui ont pris part à la commémoration de cet anniversaire aux côtés des hauts gradés avaient tous le visage fermé. Tout comme toutes les personnes qui étaient sur les lieux à la place de la Nation. C’est dans une atmosphère de deuil que l’événement a eu lieu.

En effet, a-t-on besoin de rappeler que depuis le 16 janvier 2016, l’armée burkinabè fait face aux terroristes qui, par tous les moyens, tentent de conquérir le Nord, le Sahel, l’Est et même le Centre-Est du pays. Avec tout ce que cela comporte comme morts (civils, militaires et paramilitaires), dégâts matériels et déplacements de populations. Ce sont 204 militaires qui ont été tués, de la première attaque à la dernière. Ce sont plus de 500 000 Burkinabè, en quête de sécurité et de survie, qui ont quitté leurs localités pour d’autres. Plus de 2000 écoles sont fermées, des milliers d’élèves ne vont pas à l’école du fait du terrorisme. L’administration est pratiquement inexistante dans les zones à risque. Malgré les différentes opérations commandos (Otapuanu à l’Est et Ndofu au Nord), l’hydre terrorisme ne s’avoue pas vaincue. Au contraire, les terroristes multiplient les attaques et les modes opératoires avec des objectifs plus ou moins clairs. Si bien que l’armée burkinabè, qui n’avait jamais été sérieusement préparée à cette guerre asymétrique, ne trouve pas jusqu’à présent les moyens adéquats pour une réponse appropriée. On comprend donc qu’elle ne soit pas fière d’elle-même et par conséquent pas du tout contente en ce moment; quand bien même elle ne montre aucun signe visible dans ce sens.

Et pourtant, il n’est pas question de fléchir à quel que niveau que ce soit. Ce sera prêter le flan aux terroristes qui n’attendent que le moindre découragement ou la moindre défaillance dans le système sécuritaire pour faire davantage mal. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le sens du thème qui a été retenu et qui vise à faire en sorte que les Burkinabè soient fortement unis derrière leur armée. Même si c’est ce qu’ils ont toujours fait, ils doivent le faire et le démontrer davantage par des actes concrets. Dont la première est d’aider les forces de défense et de sécurité dans le renseignement en collaborant sincèrement avec elles. Autant nous payons le prix des attaques terroristes, autant elles en paient. Si bien que ce n’est dans l’unité, la cohésion renforcée et le patriotisme que les Burkinabè remporteront cette guerre qui leur est imposée alors qu’ils ont bien d’autres préoccupations qui attendent des réponses urgentes. Ce qui est sûr, tôt ou tard, nous vaincrons!

Dabaoué Audrianne KANI



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