N’en pouvant plus, ils tirent à boulets rouges sur Roch et son pouvoir

05/11/2019
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Le cinquième anniversaire de l’insurrection populaire, et les dernières attaques terroristes, ont donné l’occasion de savoir combien les Burkinabé, dans leur grande majorité ne sont pas contents des résultats auxquels le président Roch Marc Christian Kaboré et son régime sont parvenus. Aussi, ont-ils, intellectuels et simples quidams tiré à boulets rouges sur le régime qu’ils estiment incapable d’apporter des réponses véritables à leurs préoccupations. De leur côté, le pouvoir et ses sympathisants pensent que Roch fait de son mieux. Surtout que l’insécurité (telle qu’elle se manifeste depuis le début de son mandat et ces derniers temps surtout) qui n’était pas prévue dans son programme est venue tout «gnâgânmi». Là encore, les Burkinabé ne trouvent pas l’excuse suffisante. Car, pour eux, un pouvoir élu et un président qui a juré de protéger ses concitoyens doit se donner tous les moyens afin qu’il en soit ainsi. Malheureusement pour eux, le pouvoir Roch peine à trouver les solutions à l’insécurité qui, au contraire, gagne de plus en plus du terrain.

Sur le plan social, les Burkinabé ne sont pas contents de leurs conditions de travail et de vie. Estimant que le pouvoir fait peu de choses pour répondre à leurs préoccupations les plus urgentes. Aussi, l’ont-il dans le privé comme dans le public, exprimé à plusieurs reprises à travers des grèves, des manifestations dans la rue et des mouvements d’humeur. Autrement, ils ne sont pas du tout de bonne humeur.

Sur le plan politique, la classe politique, toute tendance confondue semble donner des signes d’essoufflement. Manquant de propositions nouvelles pour des Burkinabé de nouvelle génération (elle est en place depuis les années 1983), elle n’est plus en phase avec ceux-ci. Si bien que, pour paraphraser quelqu’un, on dira d’elle «qu’une classe politique recyclée ne peut faire que du réchauffé».

Alors que les Burkinabé ont fait leur insurrection pour qu’on trouve des solutions à leurs préoccupations, ils ont aujourd’hui l’impression que leur mouvement a été volé et détourné de ses objectifs. Et c’est bien de cela qu’il s’agit car on leur a fait croire qu’en six mois après la prise du pouvoir, on allait tout changer dans ce pays. Comme si par un coup de bâton magique, les Burkinabè n’auraient plus faim; les questions de santé seraient réglées; tous les sans-emplois allaient trouver du travail; les paysans n’auraient plus à utiliser la daba; l’eau potable allait couler dans les robinets sur toute l’étendue du territoire; l’électricité serait disponible pour tout le monde et partout; les routes seraient toutes goudronnées… C’est dans cette illusion qu’on a construit et mené l’insurrection.Il n’est donc pas étonnant qu’après le réveil, le rêve peine à se réaliser.

Les Burkinabé doivent-ils continuer d’espérer et d’attendre encore? Certainement. En attendant, ils estiment comme l’a encore dit quelqu’un si ce n’est Blaise Compaoré et certains de ses proches qui sont partis, rien n’a changé. Où se trouve donc le changement?

Dabaoué Audrianne KANI



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