Simboro Daouda : « J’ai décidé de partir au moment où moi j’ai voulu partir »

07/11/2019
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A la suite de l’annonce de sa démission officielle de l’Assemblée nationale, nous avons sollicité et obtenu un entretien avec Daouda Simboro, le désormais ex-député de l’UPC/RD. Décontracté et avec l’esprit tranquille, l’ex-député de la Kossi, nous a donné les raisons de sa démission et parlé de son avenir politique. S’il ne compte pas dans l’immédiat créer un parti politique, il compte bien dans un avenir très proche se donner un avenir politique. Dans cet entretien exclusif, Daouda Simboro, parle également de la sécurité nationale, de ses relations avec sa base dans la Kossi, et l’UPC où il garde toujours sa carte de militant.

Pourquoi vous démissionnez à quelques mois de la fin de la législature?

Ça n’a pas de rapport. C’est le moment que j’ai simplement et personnellement choisi pour quitter l’Assemblée nationale. Je pense que ce n’est pas la première fois que j’aurais parlé de quitter l’hémicycle. Ça fait longtemps que j’avais cette idée en gestation. Pour dire la vérité, je devais partir de l’Assemblée nationale depuis le 31 janvier 2018. Ce sont les contingences qui ont fait que je suis resté jusqu’à l’heure actuelle (ndlr: il a démissionné le 4 novembre). Et après tout je me suis dit, comme il y a un engagement en suspens que je dois honorer, j’ai choisi de le faire maintenant. J’avais aussi clamé personne m’imposerai quand il faut partir de l’Assemblée nationale. J’ai décidé de partir au moment où moi j’ai voulu partir.

Vis-à-vis de vos amis de l’UPC/RD ce n’est pas une trahison?

Je ne pense pas que ce soit une trahison. C’est vrai,eux n’ont pas ce sentiment. Eux, ils ont le sentiment d’abandon mais, ils étaient au courant qu’en réalité, j’ai traîné à partir. Ils comprennent que quelque part, j’ai consenti un sacrifice à rester à leurs côtés et continuer le mouvement avec eux. Donc, ils ne peuvent pas considérer cela comme une trahison. Maintenant, je l’ai dit dans mon message que j’ai le cœur meurtri en les laissant, et qu’ils peuvent éprouver le sentiment d’abandon, mais ils doivent être fiers du fait que je tienne parole.

Est-ce à dire que cette démission est une stratégie pour vous ressourcez davantage et revenir plus en force?

Je ne suis pas affaibli. Moi, dans la Kossi, je suis de plus en plus fort parce que les gens m’apprécient et ils me l’expriment. Si c’est le cas, au lieu de prendre le risque d’aller me ressourcer, j’allais me reposer tranquillement et terminer le mandat. Ça n’a rien à voir avec cela. Pour me ressourcer, je n’ai pas besoin de quitter l’hémicycle; je suis tous les jours dans la Kossi. Je viens de rentrer de la Kossi, eux ils sont au courant et par rapport aux réactions ils ne sont pas inquiets. Je les ai rassurés par rapport à ma disponibilité et à mon engagement

Votre démission a-t-elle un rapport avec la situation sécuritaire actuelle, parce que vous l’évoquiez dans votre lettre?

C’est une situation qui me préoccupe parce quej’aurais aimé voir la situation sécuritaire traitée d’une autre façon, avec plus de résultats sur le terrain. Plutôt que de voir que la chienlit s’installer, et qu’actuellement aucune partie du territoire ne se sent réellement en sécurité. J’en ai parlé parce que c’est quelque chose qui me tenait à cœur. J’aimerais voir l’ensemble du peuple burkinabé, réellement uni au-delà des déclarations hypocrites et circonstancielles, s’engager pour véritablement vaincre le terrorisme. Parce que jusqu’à présent ce sont les discours. Quand vous regardez, nous sommes installés dans une sorte de routine. Quand on frappe à Djibo on fait un commentaire, et puis on continue tranquillement ce qu’on avait à faire. En se disant que ça n’arrive qu’à ceux qui sont au Nord ou à Djibo. Mais la réalité est tout autre! Petit à petit, le territoire la métastase est en train de se rependre. Moi je suis véritablement inquiet et j’aimerais que ce soit véritablement pris en charge autrement. On engage les Burkinabè franchement pour la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité. C’est un peu un cri de cœur que j’ai lancé.

Vous avez démissionné de l’hémicycle, est ce que vous démissionnez aussi de l’UPC?

Jusqu’à présent, j’ai ma carte de militant de l’UPC avec moi. Maintenant, peut être que ça va libérer l’UPC. Il craignait de m’exclure pour ne pas perdre le mandat, maintenant que j’ai démissionné, je vais attendre voir comment ils vont me traiter. S’ils vont me regarder ou s’ils vont se résoudre maintenant à m’exclure. Tout dépendra d’eux.

Est-ce que vous avez en vue la création d’un parti politique?

On m’incite à le faire mais on ne crée pas un parti politique parce qu’on le veut ou sur un coup de tête. Tous ceux qui l’ont fait, je pense qu’ils l’ont appris à leurs dépens que ce n’est pas si simple que cela. Moi déjà, quand je vois l’investissement que je dois consentir pour honorer mon mandat à l’Assemblée nationale, j’imagine que si je dois créer un parti politique, qui doit avoir une envergure nationale, je ne sais pas comment je le ferai. Pour l’instant, je ne sais pas, je n’y pense pas. Malgré les encouragements à le faire, je reste encore très prudent.

Maintenant quel sera votre avenir politique?

Je crois qu’une fois que vous avez fait de la politique, vous y restez toujours. La preuve, même ceux qui ne l’ont jamais fait et qui disent qu’ils ne vont pas faire la politique finissent par la faire. C’est clair que je ne peux plus rester indiffèrent par rapport aux situations et aux événements qui se déroulent dans notre pays.Chaque fois que je veux me prononcer sur des questions politiques, je serai entrain de faire de la politique.Je ne vais pas me cacher pour dire que je ne vais plus faire de la politique. C’est clair que je ne peux pas m’échapper de la politique. Sous quelle forme? Soit j’adhère à un parti qui existe déjà ou je crée mon parti. Mais je le dis en toutes circonstances, moi je tire les leçons, en assumant mes écarts. C’est pour cela je ne me précipite jamais pour faire quelque chose. Il en sera de même par rapport à mon avenir que je devrais toutefois décliner très vite parce que le temps passe et on a quelques à gagner à se décider dans les meilleurs délais.

Propos recueillis par

Firmin OUATTARA



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