Le problème du Burkina, c’est la longévité au pouvoir

13/11/2019
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On fait semblant de ne pas voir le problème qui se pose au Burkina Faso. Alors qu’il suffit tout simplement de faire un pas en arrière, juste en 2014 pour le comprendre. En cette année donc, on a reproché à Blaise Compaoré de vouloir réviser la Constitution pour encore durer au pouvoir alors qu’il avait déjà à son compteur 27 ans de règne. C’est ainsi que des Burkinabè, notamment jeunes, qui voulaient voir d'autres visages aux commandes de leur pays, se sont mobilisés pour lui barrer la route. Blaise Compaoré a été contraint, avec son régime, de quitter le pouvoir. Ce qu’on devait comprendre, si la Transition est allée jusqu’à son terme, soutenue par les mêmes jeunes qui se sont mobilisés contre le coup d’Etat de septembre, c’est parce que justement aux commandes, il y avait des visages neufs. Le message était donc clair. Gilbert Diendéré, avec ses éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) l’ont compris, mais plus tard. Les Burkinabè voulaient du neuf.

Après les élections présidentielles et législatives de novembre 2015, arrive un régime dirigé par des visages bien connus: Simon Compaoré, Roch Marc Christian Kaboré et Salifou Diallo. Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) compte en son sein des anciens ministres de Blaise Compaoré, des anciens gouverneurs, des anciens ambassadeurs, des anciens directeurs de société, des anciens maires dont certains sont connus pour leur probité douteuse. La rupture à laquelle les Burkinabè s’attendaient n’aura pas lieu. Les mêmes habitudes ayant été reconduites. Ainsi, on parle de plus en plus «d’insurrection volée» ou «d’insurrection inachevée». Oui, c’est bien de cela qu’il s’agit car, les visages qui ne devraient plus réapparaître sont ceux qui sont revenus sur la scène politique.

Finalement, certains d’entre ceux qui sont au pouvoir y ont passé plus de temps que Blaise Compaoré. Lui, est parti en 2014, mais certains qui étaient avec lui, depuis le début, sont revenus au pouvoir. C’est ce que les Burkinabè semblent ne pas accepter. Heureusement qu’il y a des gens, comme Luc Adophe Tiao, pour le rappeler dans l’interview accordée à notre confrère L’Observateur Paalga n°9968 du mercredi 30 octobre au dimanche 3 novembre 2019 en ces termes: «Je l’ai toujours dit, il faut que nous l’acceptions, notre génération dirige ce pays depuis 1983. Nous avons tout eu, y compris ceux qui sont au pouvoir, nous sommes de la même génération. Kadré aussi est de notre génération. Il faut qu’on accepte de marquer une rupture. Cette rupture voudrait au moins qu’il y ait de nouveaux visages et surtout des jeunes qu’on accepte de protéger».

Dans sa déclaration parvenue à notre rédaction et publiée le mardi 12 novembre 2019, le porte-parole du Mouvement du peuple pour le progrès a déclaré que le Burkina Faso est victime d’un «terrorisme politique» (sic). C’est dire que l’origine du mal est connue. Il ne faudrait donc pas qu’un jour, on ait à répéter qu’on avait mal apprécié la situation.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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