Insécurité au Burkina Faso : « Les gouvernants ne semblent pas avoir pris la mesure de gravité de la situation » dixit Augustin Loada

14/11/2019
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Lancé le 27 juillet dernier, le Mouvement patriotique pour le salut (MPS) a animé sa toute première conférence de presse pour faire une analyse de la situation sécuritaire actuelle du Burkina Faso et proposer quelques pistes pour contrer l’avancée du terrorisme. C’était le 12 novembre 2017 au siège du parti à Ouagadougou.

 

Selon Augustin Loada, président du Mouvement patriotique pour le salut (MPS), la situation sécuritaire que traverse le Burkina Faso depuis la fin de la Transition en novembre 2015, est très grave. Le territoire échappe désormais au contrôle de ses Forces de défenses et de sécurité (FDS). Et on assiste à l’extension de l’implémentation physique des groupes armés, lesquels se superposent aux groupes criminels préexistants avec pour ambition de faire disparaître l’Etat-Nation burkinabè. Cette situation, selon lui, s’explique par des facteurs endogènes et même par l’irresponsabilité de certains des gouvernants burkinabè qui ont choisi de se concentrer sur la jouissance de leur «naam». A en croire le président du MPS, l’insécurité actuelle que le pays vit n’est qu’une partie d’une crise plus vaste et essentiellement politique qui touche aux fondements de l’Etat-ancien et à son rôle dans la société burkinabè. Il estime que les autorités actuelles n’ont pas pris la mesure de la gravité de cette situation. Il en veut pour preuve, la tenue périodique du Conseil de défense et de sécurité nationale tandis que d’autres pays le font hebdomadairement, ainsi que la corruption au sein des institutions en charge de la sécurité qui occupent les 1ers rangs dans le classement du RENLAC des secteurs les plus corrompus du pays. «Nous avons beau accroître les dépenses en matière de défense et de sécurité, si cet argent n’est pas bien utilisé, nous ne ferons qu’alimenter un tonneau des Danaïdes», relève-t-il. S’agissant du recrutement des volontaires annoncé par le président du Faso, le MPS espère que cette décision ne vise pas à masquer l’impuissance du pouvoir actuel à faire face à la situation sécuritaire. Il se demande si cette décision n’a pas été dictée par l’émotion, et qu’elle n’a pas été longuement mûrie. En tout état de cause, il appelle le pouvoir actuel à taire impérativement les dissensions au sein de l’armée, en réactivant les cadres de concertation créés en 2011 afin de renforcer la confiance entre la base et le sommet. Il estime qu’il faut rehausser la capacité de l’armée en la dotant d’équipements à la hauteur du défi et en renforçant ses effectifs.Pour un probable report des échéances de 2020 face à la crise sécuritaire, le MPS estime qu’il pourrait engendrer une autre crise et porter un coup à la légitimité démocratique du pouvoir.

Aïcha TRAORE



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