Le régime Roch est-il en train d’être fébrile ?

15/11/2019
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On se demande ce qu’est en train d’arriver au régime du président Roch Marc Christian Kaboré sur le plan des libertés. N’est-il pas en train de virer vers une certaine fébrilité ou encore une sorte de dictature ? En tout cas, c’est la question que nombreux observateurs se posent après la suspension du parti politique, le Front patriotique pour le renouveau (FRP) et l’arrestation du cyber-activiste, Naïm Touré. Auparavant, les défenseurs des libertés publiques et des droits de l’Homme avaient dénoncé le refus du maire de la commune de Ouagadougou d’accorder une autorisation à l’Unité d’action syndicale pour l’organisation d’une marche suivie de meeting. Alors qu’au même moment, on accordait une autorisation à des Organisations de la société civile qui organisaient une marche à Bobo-Dioulasso pour soutenir le régime dans le cadre de la grève des agents de la Santé. Plus loin en arrière, on a en mémoire la manière dont l’activiste Pascal Zaïda avait été arrêté, jugé et condamné pour avoir organisé une manifestation que la même commune de Ouagadougou avait refusée. En outre, le Parti de l’indépendance, du travail et la justice de Soumane Touré avait été suspendu pour des propos jugés en porte-à-faux avec la loi. Du coup, on en arrive à la conclusion que le régime soit est fébrile, soit il fait porter atteinte aux libertés individuelles et collectives. Ce qui ne semble pas bon, pour un régime démocratique. Surtout au moment où lui-même appelle les Burkinabè à l’union, à la solidarité et au vivre-ensemble.

En effet, il est établi dans les régimes démocratiques la séparation des pouvoirs. Mais, dans les faits, les trois pouvoirs (l’Exécutif, le Judiciaire et le Législatif) ne peuvent être dissociés. Autrement dit, l’Exécutif doit se servir du pouvoir judiciaire, pour faire régner son autorité, mais en tenant compte du contexte. N’est-ce pas dans la même dynamique de collaboration entre pouvoirs que l’Exécutif envoie ses projets de lois à l’Assemblée nationale qui les réadapte à la réalité du terrain (l’Assemblée nationale étant l’émanation du peuple) avant de les voter?

En se comportant comme c’est le cas depuis un certain temps, le régime de Roch Marc Christian Kaboré risque de se radicaliser en même temps et va radicaliser la classe politique, la société civile et les organisations syndicales. Ce qui est sûr, les partis politiques ne resteront pas les bras croisés face à cette suspension. Les organisations syndicales non plus. De même que les organisations de la société civiles, défenseuses des droits de l’Homme et des libertés. Ce qui ne constituera pas un bon point pour lui. L’autorité de l’Etat, mal exprimée devient inéluctablement de la dictature.

Naïm Touré n’aurait pas été aussi populaire si le pouvoir ne l’avait pas arrêté par deux fois. La suspension du FPR va rendre ce parti plus populaire et désormais, les Burkinabè porteront une attention particulière à ses déclarations. Safiatou Lopez est aujourd’hui bien écoutée parce qu’elle a été arrêtée et écrouée. Rama la Slameuse également. Quel visage ce régime est-il en train de nous présenter?

Dabaoué Audrianne KANI



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