Gouvernement/agents de santé, que chacun prenne ses responsabilités

21/11/2019
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Les travailleurs, militants de quatre syndicats des agents de santé sont repartis hier en grève. Pour la énième fois, est-on tenté de dire. Parce que le gouvernement n’a toujours pas satisfait à leurs revendications dont la principale est la mise en œuvre de la Fonction publique hospitalière. Qui, selon les quatre syndicats, devait permettre d’améliorer significativement les conditions de vie et surtout de travail des agents par l’organisation et le renforcement des plateaux techniques. Si véritablement c’est le cas, pourquoi le gouvernement tarde-t-il à mettre en œuvre cette Fonction publique hospitalière qu’il a lui-même adoptée et pris les textes d’application? C’est à croire que les organisations syndicales veulent le bien-être des Burkinabé, mais c’est le gouvernement qui s’y oppose. Finalement, on ne comprend plus rien. Au moins, qu’on accepte d’expliquer clairement aux Burkinabè ce qui se passe. Car, à l’analyse, ce sont les pauvres Burkinabè qui en paient le prix de ce bras-de-fer qui ne s’explique plus. Aussi, ne pourront-ils pas continuer à subir cette situation qui n’a que trop duré.

S’il est vrai que le gouvernement ne peut donner, en termes de satisfaction des revendications des travailleurs, que ce qu’il a, rien ne l’empêche de dialoguer franchement avec eux. La Fonction publique hospitalière dont les militants des syndicats revendiquent l’application a été décidée par le gouvernement. S’il y a des difficultés majeures de mise en œuvre, qu’il retourne à la table des négociations et l’explique clairement aux travailleurs. Afin que chacun prenne l’entièreté de ses responsabilités.

Il a toujours été répété que les travailleurs et le gouvernement sont des partenaires qui doivent permanemment inscrire le dialogue dans leurs relations. Refuser de dialoguer, radicaliser sa position et se braquer constitue un frein à une collaboration franche et à un pourrissement du climat social. Les Burkinabè ont besoin de soins de qualité. C’est un droit reconnu par la Constitution. Le gouvernement a donc l’obligation de mettre tout en œuvre pour qu’il en soit ainsi. Il ne peut en être autrement.

De leur côté, les agents de santé, militants des quatre organisations syndicales doivent comprendre que si le droit de grève leur est reconnu, ils ont l’obligation de dispenser les soins aux Burkinabè. Autrement, ils doivent repenser le mode de grève afin que les Burkinabè continuent de bénéficier des soins. Au cas contraire, ces derniers pourraient se retourner contre eux, exactement comme cela a failli être le cas au cours de leur dernière grève qui avait duré plusieurs mois. Les Burkinabè sont bien conscients que sans matériels adéquats de travail, les agents de santé ne peuvent pas satisfaire leurs besoins en santé. Mais, cela ne devrait pas être une raison suffisante pour que ces agents désertent complètement leurs lieux de travail.

Aussi, s’il revient en grande partie au gouvernement de trouver des solutions à leurs préoccupations, il leur revient aussi de faire en sorte que les préoccupations en matière de santé des Burkinabè soient satisfaites. Chacun a donc sa responsabilité dans la situation.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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