C’est parce qu’elle est engagée que la France a perdu des soldats

28/11/2019
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Depuis ce lundi 25 novembre, la France pleure treize de ses valeureux soldats engagés dans la lutte contre les groupes terroristes au Sahel. Ce sont au total 41 soldats français qui sont morts dans cette lutte depuis 2013. Comme on peut donc le faire remarquer, c’est parce qu’elle s’est engagée pour traquer les terroristes que la France perd des soldats au Sahel. D’autres pays, qui n’y ont jamais été, n’en perdront certainement pas. En plus de la perte de ses fils venus défendre notre sécurité, la France a engagé des moyens logistiques et financiers dans cette même lutte. Il est évident qu’en s’engageant au Sahel, la France défend ses intérêts. Mais, de là à dire qu’elle est engagée auprès des terroristes contre nos Etats, il y a certainement un pas qu’il est utile de ne pas franchir. En tout cas, jusqu’à preuve du contraire.

L’opinion publique française, contraire à celle qui est aujourd’hui répandue en Afrique, n’entend pas les choses de cette manière. Elle est bien consciente que la sécurité de la France dépend aussi de la sécurité dans le Sahel. Elle est bien consciente que lorsqu’on veut la paix et la sécurité chez soi, il faut travailler à sécuriser aussi chez les autres. D’ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux ces Français qui n’hésitent pas à demander aux autres puissances de s’engager auprès de leur pays pour mettre fin au terrorisme dans cette partie de l’Afrique. Malheureusement, pour le moment, des citoyens des pays en proie au terrorisme sont en train de développer un sentiment anti-français qui peut bien saper les efforts des troupes françaises engagées depuis 2013 au Sahel.

Tout le monde est unanime que si l’armée française n’était pas intervenue en 2013, les groupes terroristes auraient pris Bamako, la capitale malienne. Tout le monde est unanime que si la France n’intervient pas aux côtés de nos armées, il nous sera difficile d’éradiquer le terrorisme au Sahel. Tout le monde est encore unanime que si la France n’intervient pas, de nombreuses autres puissances occidentales ne mettront pas un seul copeck dans la lutte contre le terrorisme. C’est la réalité de la géopolitique.

Aussi, il semble de plus en plus évident que les pays frappés aujourd’hui par le terrorisme doivent s’inscrire dans une dynamique qui permette effectivement à la France de rester à leurs côtés. Tout en sachant qu’ils doivent être les premiers sur le front sur la ligne du combat. Car, la lutte contre le terrorisme ne peut être remportée par la seule implication, aussi forte soit-elle, de la France ou d’autres puissances. Le mal du terrorisme provient d’abord de nous. Car, comme nous aimons à le dire, les terroristes qui nous attaquent sont d’abord nos frères et non des Occidentaux. Les raisons pour lesquelles ils nous attaquent sont endogènes et ne relèvent pas d’Occidentaux. Nous sommes donc les premiers, parce que mieux indiqués, pour trouver des solutions durables au terrorisme et à l’insécurité dans notre zone. En attendant, aidons la France à pleurer ses soldats, morts pour la France, mais surtout pour nous.

Dabaoué Audrianne KANI



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