Gouvernement-opposition, qui désinforme et qui intoxique ?

29/11/2019
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Sur la question du refus du président Roch Marc Christian Kaboré de signer les accords militaires entre la France et le Burkina Faso, le gouvernement et l’opposition ont dit exactement la même chose. Mais, comme les deux refusent de se comprendre, l’un accuse l’autre de désinformation. L’information a circulé sur les réseaux sociaux et même sur certains sites assez sérieux. Le gouvernement n’a rien dit. La majorité présidentielle non plus. Il a fallu que l’opposition au cours de son point de presse du mardi 26 novembre évoque la question, en indiquant clairement que le président Roch n’a jamais refusé de signer des accords militaires entre la France et le Burkina Faso.Elle est même allée plus loin en informant qu’en 2018, le président avait signé lesdits accords de coopération en France. C’est la même chose que le porte-parole du gouvernement, après le Conseil des ministres du mercredi 27 novembre, a déclaré devant la presse. Alors s’il y a désinformation, c’est plutôt le gouvernement qui a laissé faire. Parce que, si l’opposition n’en avait pas parlé, il n’est pas évident que le gouvernement allait démentir ce qui était dit sur les réseaux sociaux.

En effet, dans cette période assez préoccupante et délicate, le gouvernement devait chaque fois faire preuve de diligence dans la communication. Il est indécent pour un gouvernement qui dispose de tous les moyens pour communiquer de procéder chaque fois à des démentis. Ces communicants sont mieux placés pour savoir que lorsque la rumeur prend le dessus, la vraie information a toujours de la peine à s’installer. Surtout quand on a une population majoritairement analphabète. On dira qu’il n’est pas du rôle d’un gouvernement sérieux de démentir des informations sur les réseaux sociaux. Mais, le problème qui se pose est que le même gouvernement utilise les mêmes réseaux sociaux pour communiquer.

Il est indéniable que les efforts faits actuellement pour communiquer autour de la question sécuritaire sont très louables, car ils contribuent sans aucun doute à rassurer davantage les populations. Car, ils viennent confirmer que sur le terrain, les Forces de défense et de sécurité se battent. Il en est de même des traditionnels points de presse qui consistent à expliquer davantage certaines décisions prises par le gouvernement. En vérité, les Burkinabè veulent savoir et il faut leur donner l’occasion de comprendre ce que l’Etat ou le gouvernement fait, même si le contexte est assez difficile.

L’opposition, (ce qui est tout à fait son rôle) surfe sur les erreurs du gouvernement. Autrement dit, elle ne crée rien de particulier. Ni en terme d’actions ni en terme de communication. C’est donc le pouvoir qui crée les failles et elle en profite allègrement pour se donner une image dans la presse.

Les Burkinabè n’ont pas besoin de tout cela. Ils ont des préoccupations pressantes dont celle de la sécurité, de la cohésion sociale, de l’éducation, de la santé, de l’alimentation et de l’accès à l’eau potable. Ils veulent être sereins et affronter leur destin.

Dabaoué Audrianne KANI



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